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Friedrich Wilhelm Murnau
Friedrich Wilhelm Murnau.
Biographie
Naissance

Bielefeld, Empire allemand
Décès
Sépulture
Cimetière de Stahnsdorf
Nom de naissance
Friedrich Wilhelm Plumpe
Nationalité
Formation
Université de Heidelberg
Académie des arts dramatiques Ernst-Busch
Activités
Période d'activité
à partir de
Autres informations
Conflit
Genres artistiques
Film d'horreur, drame (d)
Site web
Films notables
Nosferatu le vampire,
Le Dernier des hommes,
Faust, une légende allemande,
L'Aurore,
Tabou
Archives conservées par
signature de Friedrich Wilhelm Murnau
Signature
Tombe de Murnau au cimetière Sud-Ouest de Stahnsdorf (buste de Manzel).

Friedrich Wilhelm Murnau (souvent en forme abrégée : F. W. Murnau), nom d'artiste de Friedrich Wilhelm Plumpe, est un réalisateur allemand, né le à Bielefeld (province de Westphalie) et mort accidentellement le à Santa Barbara (Californie)[2],[3]. Il est l'un des maîtres du cinéma expressionniste allemand.

Biographie

Friedrich Plumpe[4],[5],[6],[7],[8] naît dans une famille de la moyenne bourgeoisie allemande. Son père, Heinrich Plumpe[9], est éditeur de tissus, et sa mère, Ottilie[10], enseignante. Il commence des études de philologie à Berlin et d'histoire de l'art à Heidelberg, en 1908, il rejoint la troupe théâtrale de Max Reinhardt[11],[12], en 1910 il prend le nom de Murnau[13] (nom d'une ville proche) puis abandonne définitivement ses études pour se consacrer au théâtre. Durant la Première Guerre mondiale, il est mobilisé et, en raison de sa grande taille, est intégré dans le premier régiment de la Garde impériale, puis il sert dans l'aviation. Malgré huit crashs, il n'est jamais gravement blessé, mais il est fait prisonnier en Suisse en décembre 1917[14]. En 1919, il retourne dans son pays natal.

Il commence par signer des œuvres sentimentales ou fantastiques qui s'inscrivent dans la tradition du romantisme allemand. Il s'affirme très vite comme un réalisateur de grand talent par un style vif et tourmenté qui évoque l'expressionnisme pictural et poétique. Ce style éclate dans un film resté célèbre, inspiré du Dracula de Bram Stoker, Nosferatu le vampire[15],[16] sorti en 1922.

Il enchaîne les films forts, entre réalisme et fantastique, et réalise des œuvres majeures, comme Le Dernier des hommes (1924), avec Emil Jannings, et Faust, une légende allemande[17] (1926), qui l'imposent aux côtés de Fritz Lang et Georg Wilhelm Pabst comme une des principales figures du cinéma allemand.

Son travail est remarqué aux États-Unis, où il se rend, invité par les studios de la Fox en 1926[18], et où il réalise L'Aurore[19], qui est considéré comme son chef-d'œuvre et comme un des plus grands films de l'histoire du cinéma.

Décidé à faire carrière aux États-Unis, il y réalise d'autres films dans un style assez réaliste jusqu'à son dernier, d'esprit symboliste, Tabou[20], tourné en Polynésie et coproduit avec Robert Flaherty. C'est au cours de ce tournage qu'il fait la connaissance du photographe français Émile Savitry et, admiratif de son travail, il l'engage comme photographe de plateau pendant quatre mois. Ce tournage sera émaillé de déboires, perçus par les Maoris comme étant en rapport avec la violation du site sacré de l'île de Motu Tapu par le réalisateur, qui déplaça une pierre sacrée pour poser le pied de sa caméra.

Quelques mois plus tard, à quarante-deux ans, il meurt à la suite d'un accident de la route, une semaine avant la première de Tabou, sa voiture, conduite par un chauffeur, ayant percuté un poteau électrique sur la côte californienne[21]. Il est inhumé au cimetière de Stahnsdorf, près de Berlin.

En 2015, « entre le 4 et le 12 juillet[22] », le caveau de la famille Murnau, au cimetière du Südwestkirchof der Berliner Stadtsynode[23] de Stahnsdorf[24], dans les environs de Berlin, est profané[25],[26],[27] par des inconnus et l’administration du cimetière constate que le crâne du cinéaste a été dérobé[28],[29],[30],[31].

Murnau était homosexuel, comme l'a rapporté l'historienne du cinéma Lotte H. Eisner[32].

Les archives de F.W. Murnau sont déposées à l'université Humboldt de Berlin[33].

En 1966, est créée la Fondation Friedrich-Wilhelm-Murnau / Murnau Stiftung[34] qui a pour mission de préserver le patrimoine cinématographique allemand[35].

Filmographie

Photo de Murnau derrière une caméra.
Murnau à la caméra.
  • 1919 : Der Knabe in Blau
  • 1919 : Satanas
  • 1920 : Le Bossu et la Danseuse ou Le Baiser vert (Der Bucklige und die Tänzerin)
  • 1920 : Le Crime du docteur Warren (Der Januskopf)
  • 1920 : L'Émeraude fatale (Abend… Nacht… Morgen)
  • 1920 : La Marche dans la nuit (Der Gang in die Nacht)
  • 1921 : Sehnsucht
  • 1921 : La Découverte d'un secret (Schloss Vogelöd)
  • 1922 : Marizza, genannt die Schmugglermadonna
  • 1922 : Nosferatu le vampire (Nosferatu, eine Symphonie des Grauens)
  • 1922 : La Terre qui flambe (Der brennende Acker)
  • 1922 : Le Fantôme (Phantom)
  • 1923 : L'Expulsion (Die Austreibung)
  • 1924 : Les Finances du grand-duc (Die Finanzen des Grossherzogs)
  • 1924 : Le Dernier des hommes (Der letzte Mann)
  • 1926 : Tartuffe (Herr Tartüff)
  • 1926 : Faust, une légende allemande[36] (Faust, eine deutsche Volkssage)
  • 1927 : L'Aurore[37] (Sunrise)
  • 1928 : Les Quatre Diables[38] (Four Devils)
  • 1930 : L'Intruse[39] (City Girl)
  • 1931 : Tabou (Tabu)

Récompenses

  • 1927 : Oscar (Academy Award for Best Unique and Artistic Quality of Production) pour L'Aurore
  • 1927 : Oscar de la meilleure actrice pour Janet Gaynor dans son interprétation de La Femme dans L'Aurore

Notes et références

  1. « http://www.cineressources.net/repertoires/archives/fonds.php?id=murnau »
  2. (en) « TSPDT - F.W. Murnau », sur TSPDT (consulté le )
  3. « Rétrospective Friedrich W. Murnau - La Cinémathèque française », sur www.cinematheque.fr (consulté le )
  4. Éditions Larousse, « Encyclopédie Larousse en ligne - Friedrich Wilhelm Plumpe dit Murnau », sur www.larousse.fr (consulté le )
  5. Encyclopædia Universalis, « FRIEDRICH WILHELM MURNAU », sur Encyclopædia Universalis (consulté le )
  6. (it) « Friedrich Wilhelm Murnau », sur Enciclopedia Treccani
  7. (en-US) « F.W. Murnau », sur Biography (consulté le )
  8. « Friedrich Wilhelm Murnau », sur www.vorderer-westen.net (consulté le )
  9. « F. W. Murnau Facts », sur biography.yourdictionary.com (consulté le )
  10. Seconde épouse d'Heinrich.
  11. (en) « F.W. Murnau | German director », sur Encyclopedia Britannica (consulté le )
  12. « German 43: Resources: Biographies: Murnau, Friedrich Wilhelm », sur www.dartmouth.edu (consulté le )
  13. (de) Stiftung Deutsches Historisches Museum, « Gerade auf LeMO gesehen: LeMO Biografie », sur www.dhm.de (consulté le )
  14. (en-US) Tabea Tietz, « Friedrich Wilhelm Murnau and the Expressionism in German Cinema », sur SciHi Blog, (consulté le )
  15. (en-GB) Michael Atkinson, « The truth about film-maker FW Murnau », The Guardian, (ISSN 0261-3077, lire en ligne, consulté le )
  16. « Nosferatu, Friedrich Wilhelm MURNAU, 1922 », sur Analyses de séquences, (consulté le )
  17. « Ciné-club : Faust de Friedrich Wilhelm Murnau », sur www.cineclubdecaen.com (consulté le )
  18. (en) Media Art Net, « Media Art Net | Murnau, Friedrich Wilhelm: Biography », sur www.medienkunstnetz.de, (consulté le )
  19. « Ciné-club : L'Aurore de Friedrich Wilhelm Murnau », sur www.cineclubdecaen.com (consulté le )
  20. « Ciné-club : Tabou de Friedrich Wilhelm Murnau », sur www.cineclubdecaen.com (consulté le )
  21. Sophie Malexis, Émile Savitry, un photographe de Montparnasse, Éditions 5 Continents, 2011, p. 15/112 et citation de l'article d'Alexandre Astruc en 1952, « Le feu et la glace », Cahiers du cinéma no 18, décembre 1952.
  22. (en) Derek Scally in Berlin, « Body of notorious ‘Nosferatu’ director stolen by grave robbers », sur The Irish Times (consulté le )
  23. (de) geboren.am, « 👤 Friedrich Wilhelm Murnau (1888–1931) », sur geboren.am (consulté le )
  24. (en-US) « Friedrich Wilhelm Murnau », sur Find a grave
  25. « La tombe profanée de MURNAU, créateur de NOSFERATU », sur Le Blog Du Cinéma, (consulté le )
  26. (en-GB) Nigel M. Smith, « Nosferatu director's head stolen from grave in Germany », The Guardian, (ISSN 0261-3077, lire en ligne, consulté le )
  27. « Le réalisateur allemand Murnau, décapité dans son caveau », le Monde, (lire en ligne, consulté le )
  28. Voir sur leparisien.fr.
  29. « "Nosferatu"-Regisseur: Diebe stehlen Murnaus Schädel aus Grabkammer », Spiegel Online, (lire en ligne, consulté le )
  30. (en) « Unknown perpetrators broke into the grave of the famous film director W. F. Murnau, stole his skull and possibly performed an occult ritual », sur The Vintage News, (consulté le )
  31. « Qui a volé la tête de Murnau, le réalisateur de “Nosferatu” ? », sur Télérama.fr (consulté le ).
  32. (en) Thomas Waugh, The fruit machine : twenty years of writings on queer cinema, Durham (N.C.)/Londres, Duke University Press, , 312 p. (ISBN 0-8223-2468-7, lire en ligne).
  33. « Archiv der Friedrich-Wilhelm-Murnau-Stiftung – Stiftungsarchive in Deutschland », sur www.stiftungsarchive.de (consulté le )
  34. « ÜBER DIE MURNAU-STIFTUNG | Murnau Stiftung », sur www.murnau-stiftung.de (consulté le )
  35. (en) « Keeper of the German Film Treasure », sur @GI_weltweit (consulté le )
  36. « Faust (F. W. Murnau, 1926) - La Cinémathèque française », sur www.cinematheque.fr (consulté le )
  37. « L'Aurore de F.W. Murnau (1927) - Analyse et critique du film - DVDClassik », sur www.dvdclassik.com (consulté le )
  38. « Ciné-club : Les quatre diables de Friedrich Wilhelm Murnau », sur www.cineclubdecaen.com (consulté le )
  39. « L'Intruse de F.W. Murnau (1930) - Analyse et critique du film - DVDClassik », sur www.dvdclassik.com (consulté le )

Voir aussi

Bibliographie

  • Lotte H. Eisner, F. W. Murnau, Le Terrain vague, 1964 ; réédition Ramsay, Paris, 1987 (ISBN 2-85956-654-6)
  • Charles Jameux, F. W. Murnau, Éditions universitaires, 1965 ; réédition Éditions du Cerf, Paris, 2006 (ISBN 2-204-08217-1)
  • Éric Rohmer, L'Organisation de l'espace dans le 'Faust' de Murnau, 10-18, Union générale d'éditions, 1977 ; réédition Cahiers du cinéma, Paris, 2000 (ISBN 2-86642-257-0)
  • Michel Bouvier, Jean-Louis Leutrat, Nosferatu, préface de Julien Gracq, Cahiers du cinéma / Gallimard, Paris, 1981 BNF 34658832
  • (de) Hans Helmut Prinzler, Friedrich Wilhelm Murnau. Ein Melancholiker des Films, Bertz - Fischer Verlag, Berlin, 2003 (ISBN 3-929470-25-X)
  • Claude Hodin, Murnau ou les Aventures de la pureté, L'Harmattan, Paris, 2012 (ISBN 978-2-296-99667-0)

Iconographie

  • Portrait photographique par Émile Savitry, 1931
  • Buste par Ludwig Manzel
  • Le Retour à Murnau, film de Pierre Guy (1981), hommage au cinéaste allemand FW Murnau, tourné dans la commune de Murnau, en Bavière

Articles connexes

Liens externes