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Protectorat espagnol au Maroc
(ar) حماية إسبانيا في المغرب
ḥimāyat isbāniyā fi-l-magrib

(es) Protectorado español en Marruecos

19121956

Drapeau Blason
Description de cette image, également commentée ci-après
Protectorat espagnol au Maroc
Histoire et événements
Convention de Madrid
Indépendance du Maroc reconnue par l'Espagne (avec de facto seulement la zone nord restituée)
1958 Récupération de la zone sud par le Maroc

Entités précédentes :

  • Empire chérifien

Entités suivantes :

  • Empire chérifien

Le protectorat espagnol au Maroc[N 1] (en arabe : حماية إسبانيا في المغرب [ḥimāyat isbāniyā fi-l-magrib]) est le régime de tutelle qui fut exercé par l'Espagne dans l'Empire chérifien. Mis en place par la convention franco-espagnole de Madrid du , il faisait notamment suite au traité franco-marocain du 30 mars 1912, qui avait institué le « protectorat français au Maroc »[N 1] ; d'autres tractations, surtout occidentales, parfois secrètes, y ayant mené, tout comme pour le protectorat français.

Le territoire de la zone d'influence de l'Espagne au Maroc était en fait réparti en deux zones disjointes, encadrant au nord et au sud celui sous protectorat français.

Le , près d'un mois après la France (2 mars), le retour à la souveraineté du Maroc fut officiellement reconnu par l'Espagne, mais de facto, seule la zone nord fut alors restituée. La zone sud n'a été récupérée qu'en 1958[1].

Géographie

Carte de la zone nord et de ses cinq provinces.

Le territoire sous influence de l'Espagne, de 47 000 km2, se composait :

  • d'une partie septentrionale de 21 000 km2[2], constituée du Rif et du Habt (péninsule Tingitane) : « de l'embouchure de la Moulouya sur la Méditerranée à celle du Loukkos sur l'Atlantique, exception faite de l'enclave réservée au futur territoire de la zone de Tanger »[3] ;
  • d'une partie méridionale de 26 000 km2[2], au sud de l'oued Drâa[4] (en bordure du « Sahara espagnol »), dite aussi « zone de Tarfaya » ou « des Tekna »[4] : « du cours inférieur du Drâ à la colonie du Rio de Oro »[3].

La zone nord, divisée en cinq provinces Lucus, Yebala, Gomara-Chauen, Rif et Kert [2] et, en dehors de la zone de Tanger, n'incluant également pas les présides de Ceuta et Melilla, était habitée sans doute environ et seulement par 70 000 musulmans et 20 000 juifs, tandis que la zone sud était une aire de nomadisme[2]. Elles se situaient de part et d'autre de la zone sous protectorat français.

Histoire

Huit mois avant la convention franco-espagnole de Madrid du , la France avait établi son protectorat dans l'Empire chérifien par le traité franco-marocain de Fès. Elle concéda en fait à l'Espagne plus une sphère d'influence au Maroc qu'un réel protectorat, faisant d'elle un « sous-locataire de la France » (expression méprisante de journaux français de l'époque)[5].

Dans la zone nord, l'administration espagnole put mieux s'organiser après la fin de la guerre du Rif (1921-1926), lorsque cette région, profondément berbère, fut « pacifiée ».

Gouverneurs

Notes et références

Notes

  1. 1 2 Il ne s'agit pas du nom officiel.

Références

  1. Maurice Flory, « L'avis de la Cour internationale de Justice sur le Sahara occidental », Annuaire français de droit international, Paris, CNRS, vol. 21, no 1, , p. 254 (lire en ligne, consulté le ).
  2. 1 2 3 4 « L'époque des protectorats », sur BCMed : Biens culturels de la Méditerranée, Région autonome de la Sardaigne (consulté le ), p. 1.
  3. 1 2 Marchat 1971, p. 81.
  4. 1 2 Michel Catala, « La France et l'Espagne face à l'émergence des revendications marocaines sur le Sahara occidental en 1956 », dans Jean-Marc Delaunay (dir.), Aux vents des puissances, Paris, Presses Sorbonne Nouvelle, (lire en ligne), p. 126.
  5. Mimoun Aziza, « Le protectorat espagnol au Maroc entre « fraternalisme » et colonialisme », sur Sebtamlilya.org (consulté le ).

Annexes

Articles connexes

En rapport avec le territoire de l'ancien protectorat espagnol au Maroc
  • Bassin du Loukkos, pays Jbala, Rif et Habt, régions historiques ou géographiques du Nord.
  • Province marocaine de Tarfaya (faisant partie des provinces du Sud).
  • Ghomara et Tekna, confédérations tribales, respectivement du Nord et du Sud.

Bibliographie

Document utilisé pour la rédaction de l’article : document utilisé comme source pour la rédaction de cet article.

Convention de Madrid de 1912

  • (es) « Convenio fijando la respectiva situación de España y Francia en Marruecos » [PDF], sur Lahistoriatrascendida.es, Madrid, .
  • G. Fr. de Martens et Heinrich Triepel, « Convention en vue de préciser la situation respective des deux pays à l'égard de l'Empire chérifien; signée à Madrid, le 27 novembre 1912, suivie d'un Protocole concernant le chemin de fer Tanger—Fez, signé à la date du même jour », dans Nouveau recueil général de traités et autres actes relatifs aux rapports de droit international. Continuation du grand recueil de G. Fr. de Martens, par Heinrich Triepel, Leipzig, Dieterich, 1909-1944 (lire en ligne), p. 323-338 — texte paru dans le Journal officiel de la République française no 92 de 1913.

Auteurs diplomates

  • (en) Alfonso Merry del Val (es) (diplomate espagnol), « The Spanish Zones in Morocco », The Geographical Journal, Londres, Royal Geographical Society, vol. 55, no 5, , p. 329-349 (lire en ligne [PDF]).
  • (en) Alfonso Merry del Val, « The Spanish Zones in Morocco (Continued) », The Geographical Journal, Londres, Royal Geographical Society, vol. 55, no 6, , p. 409-419 (lire en ligne [PDF]).
  • Henry Marchat (diplomate français, membre de l'Académie des sciences d'outre-mer et de l'Académie de Saintonge), « La France et l'Espagne au Maroc pendant la période du Protectorat (1912-1956) », Revue de l'Occident musulman et de la Méditerranée, Aix-en-Provence, Association pour l'étude des sciences humaines en Afrique du Nord, no 10, , p. 81-109 (lire en ligne). Document utilisé pour la rédaction de l’article

Thématique

  • Ahmed Zouggari, « Le système d'enseignement sous le protectorat français et espagnol », dans 50 ans de développement humain au Maroc et perspectives 2025, (lire en ligne [PDF]), p. 453-469 — Contribution sur le thème « Systèmes éducatifs, savoir, technologies et innovation », apportée dans le cadre d'un projet d'étude et de réflexion évoqué par le roi Mohammed VI dans son « discours du 20 août 2003 » et ayant conduit à la rédaction d'un rapport général à l'occasion du cinquantenaire de l'Indépendance.

Liens externes