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René II de Lorraine
Illustration.
Le duc René II à la bataille de Nancy,
enluminure ornant La Nancéide, 1518, manuscrit de Pierre de Blarru, propriété de la SHLML, conservé au Musée lorrain .
Titre
Duc de Lorraine

(35 ans, 3 mois et 29 jours)
Prédécesseur Yolande d'Anjou
Successeur Antoine de Lorraine
Duc de Bar

(28 ans)
Prédécesseur Yolande d'Anjou
Successeur Antoine de Lorraine
Comte de Vaudémont

(38 ans, 3 mois et 9 jours)
Prédécesseur Ferry II
Successeur Louis
Biographie
Titre complet Comte d'Aumale, baron d'Elbeuf, sire de Joinville, baron de Mayenne
Dynastie Maison de Lorraine
Date de naissance
Date de décès (à 57 ans)
Lieu de décès Fains
Sépulture Église des Cordeliers de Nancy
Père Ferry II de Vaudémont
Mère Yolande d'Anjou
Conjoint Jeanne d'Harcourt
Philippe de Gueldre
Enfants (De Philippe de Gueldre) Charles, François, Antoine, Anne, Nicola, Isabelle, Claude, Jean, Louis, Claude, Catherine, François

René II de Lorraine
Liste des ducs de Lorraine

René II de Lorraine, né le et mort le à Fains (Meuse), fut comte de Vaudémont en 1470, duc de Lorraine en 1473 et duc de Bar en 1480. Il est célèbre pour avoir vaincu le duc de Bourgogne Charles le Téméraire en 1477.

Fiefs

Fils de Ferry II, comte de Vaudémont et de Yolande d'Anjou, fille de René Ier, duc de Bar, il régna sur les pays suivants :

Il renonça sagement aux prétentions de son grand-père sur le royaume de Naples, le royaume de Sicile et le royaume d'Aragon.

Il hérita également des fiefs suivants :

  • comte d'Aumale et baron d'Elbeuf de 1473 à 1508 (il avait hérité ce comté et cette baronnie de son oncle) ;
  • sire de Joinville de 1476 à 1508 (fief hérité de son frère) ;
  • baron de Mayenne de 1481 à 1508 (baronnie héritée de son cousin).
  • marquis de Pont-à-Mousson de 1485 à 1508, fief attaché au duché de Bar et qu'il confisqua à son oncle Jean, bâtard d'Anjou.

Biographie

Le duc René II de Lorraine devant la dépouille de Charles le Téméraire.
Maître de la Chronique scandaleuse, Interpolation de la Chronique de Louis XI de Jean de Roye (dite Chronique scandaleuse), Paris, BnF, début du XVIe siècle.
Enfeu de René II.

Il passe sa jeunesse à la cour de son grand-père René d'Anjou, entre Angers et la Provence, succède à son père en 1470 dans le Vaudémont, puis hérite début 1473 de son oncle des charges de capitaine d'Angers et de sénéchal et gouverneur d'Anjou.

René reçut une très bonne éducation, humaniste, parlant le latin avec aisance, il avait un très grand intérêt pour les lettres, les arts et les sciences, dont la géographie. Il est le mécène de plusieurs artistes dont l'enlumineur Georges Trubert, qui avait auparavant travaillé pour son grand-père.

En 1473, son cousin Nicolas Ier, duc de Lorraine, meurt prématurément et le duché revient à sa tante Yolande d'Anjou, la mère de René II, qui le transmet immédiatement à son fils.

Le duché de Lorraine est alors pris dans les luttes d'influence entre Louis XI, roi de France, et Charles le Téméraire, duc de Bourgogne. Il penche d'abord vers le Bourguignon[1], mais ce dernier commençant à placer des garnisons en Lorraine, les incidents se multiplient entre la population lorraine et les soldats bourguignons. René se rallie secrètement au roi de France le et les traités que le roi de France signe avec les Suisses, le roi Édouard IV d'Angleterre et l'empereur Frédéric III de Styrie isolent le Téméraire et permettent à René II de dénoncer son alliance bourguignonne en 1475.

Charles le Téméraire envahit le duché de Lorraine, occupe Nancy le et René se réfugie à Joinville. Il s'allie aux Suisses et combat à leur côté. La coalition défait Charles le Téméraire à Grandson, le , puis à Morat le , où son armée est taillée en pièces et son artillerie perdue.

Pendant que le Téméraire tente de reconstituer une armée, la Lorraine se révolte et René fait son entrée à Nancy le . Mais Charles le Téméraire, à la tête d'une nouvelle armée, pénètre en Lorraine en octobre, et René II ne réussit pas à l'empêcher de faire la jonction avec les troupes de Campobasso, venues du Luxembourg. Après avoir obtenu l'assurance des Nancéiens de tenir la ville, René II part chercher des renforts auprès des Alsaciens et des Suisses. À son retour, il engage le la bataille de Nancy où est tué Charles le Téméraire.

À la suite de cette victoire, il ordonne la construction de la gigantesque basilique de Saint-Nicolas-de-Port et reconstruit le palais ducal de Nancy. Il accorde aussi sa protection au sanctuaire Notre-Dame-de-Benoite-Vaux.

En 1480, son grand-père René Ier d'Anjou, duc de Bar, meurt sur ses terres de Provence. René devient duc de Bar mais le roi de France confisque tous les fiefs de la Maison d'Anjou sis dans le royaume de France.

Par la suite, René se brouille avec Louis XI, car celui-ci avait mis la main sur l'ensemble de l'héritage de René Ier en 1481, ne lui laissant que le duché de Bar. Par conséquent, le roi lui donne quelques droits concernant le duché de Luxembourg ainsi que le comté de Bourgogne, en [2].

En 1485, il prend part à la première phase de la Guerre folle, mais se retire prudemment de la coalition des princes dès la paix de Bourges.

En 1488, les sujets du roi de Naples se révoltent et offrent la couronne à René II, qui monte une expédition pour prendre possession du royaume, mais le roi Charles VIII le lui interdit, voulant lui-même en faire la conquête (début des guerres d'Italie).

René II prend froid au cours d'une chasse aux loups près de Fains-Véel et meurt le .

Son tombeau se trouve en l'église des Cordeliers de Nancy. Surmonté d'un enfeu renaissance polychrome, il fut violé en 1793.

Ascendance

Mariage et enfants

René II épouse d'abord à Angers le Jeanne d'Harcourt, comtesse de Tancarville († 1488), fille de Guillaume d'Harcourt, comte de Tancarville, vicomte de Melun, et de Yolande de Laval. Quand en 1485, il devient évident qu'elle ne pouvait lui donner d'héritiers, René la répudie avec l'aide de son avocat Hugues des Hazards auprès des autorités pontificales à Rome.

René II et son épouse Philippe de Gueldre (XVIIe s.)

Sur les instances d'Anne de Beaujeu[3], régente du royaume, il se remarie à Orléans le avec Philippe de Gueldre (1467 † 1547), et a :

  • Charles (1486 † jeune) ;
  • François (1487 † 1489[4])
  • Antoine (1489 † 1544), duc de Lorraine et de Bar, épouse en 1509 Renée de Bourbon-Montpensier (1494-1539) ;
  • Anne (1490 † 1491) ;
  • Nicolas (1493 † jeune) ;
  • Isabelle (1494 † 1508) ;
  • Claude (1496 † 1550), duc de Guise, comte d'Harcourt, d'Aumale, baron d'Elbeuf, de Mayenne et sire de Joinville, épouse en 1513 Antoinette de Bourbon-Vendôme d'où la maison de Guise ;
  • Jean (1498 † 1550), cardinal, évêque de Toul, de Metz et de Verdun ;
  • Louis (1500 † 1528), évêque de Verdun, puis comte de Vaudémont ;
  • Claude (1502 † jeune) ;
  • Catherine (1502 † jeune) ;
  • François (1506 † 1525 à Pavie), comte de Lambesc.

Descendance

Le duc René II à la tête de ses troupes suisses devant la ville de Saint-Dié (Liber Nanceidos (Pierre de Blarru, 1519).

René II de Lorraine est l'ancêtre dynastique par ordre de primogéniture mâle de l'actuelle maison de Habsbourg-Lorraine, par le mariage en 1736 de son descendant à la 9e génération François III Étienne, duc de Lorraine et de Bar, grand-duc de Toscane, empereur germanique, avec l'archiduchesse Marie-Thérèse, reine de Hongrie et de Bohême. Il est également l'ancêtre de la même maison par son fils Claude par les branches secondaires.

Sa descendance se retrouve également dans toutes les autres maisons souveraines d'Europe notamment des rois d'Espagne et de Belgique, du grand-duc de Luxembourg, du prince de Monaco.

Monuments

  • Une statue équestre de René II de Lorraine par le sculpteur nancéien Mathias Schiff se trouve place Saint-Epvre à Nancy.
  • Le duc est également représenté victorieux sur le monument de la place de la Croix de Bourgogne, toujours à Nancy.

Chanson

Gentil prince de renom, ou chant de René de Vaudemont

Gentil duc de Lorraine
Prince de grand renom
Tu as la renommée
Jusque delà les monts
Et toi et tes gendarmes
Et tous tes compagnons
Du premier coup qu'il frappe
Abattit les donjons
Tirez tirez bombardes
Serpentines et canons.

Nous sommes gentilshommes
Prenez-nous en rançon
Vous mentez de par la gorge
Vous n'êtes que larrons
Et violeurs de femmes
Et brûleurs de maisons
Vous en aurez la corde
Par-dessous le menton
Et si orrez matines
Aux chants des oisillons
Et si orrez la messe
Que les corbeaux diront.

Notes et références

  1. Fabien Niezgoda, Les partisans de Charles le Téméraire en Lorraine, Nancy, Le Polémarque, , 216 p. (ISBN 979-1092525106).
  2. Lettres patentes de Louis XI, Arras, juin 1478. (lire en ligne).
  3. Jean-Daniel Pariset, La Lorraine dans les relations internationales au XVIe siècle in Les Habsbourg et la Lorraine, Études réunies sous la direction de J.P. Bled, E. Faucher, R. Taveneaux, Presses universitaires de Nancy, 1988. (ISBN 2-86480-147-7). p. 47.
  4. Inhumé dans la collégiale Sainte-Croix de Pont-à-Mousson.

Voir aussi

Bibliographie

  • Jean-Christophe Blanchard et Hélène Schneider (dir.), Annales de l'Est, no 2 spécial, « René II, lieutenant et Duc de Bar (1473-1508) », 2014.
  • Henry Bogdan, La Lorraine des ducs, sept siècles d'histoire, Perrin, [détail des éditions] (ISBN 2-262-02113-9)
  • Georges Poull, La Maison ducale de Lorraine, Nancy, Presses universitaires de Nancy, , 575 p. [détail de l’édition] (ISBN 2-86480-517-0)
  • Stéphanie Richard, « Le couple, entre faits et droit : la nullité du mariage de René II de Lorraine et Jeanne d'Harcourt », Le Moyen Âge, t. CXXII, , p. 567-626 (lire en ligne).
  • Hélène Say et Hélène Schneider (dir.), Lotharingia, no XVI, « Le duc de Lorraine René II et la construction d'un État princier : actes de la journée d'étude organisée à l'occasion du 500e anniversaire de la mort de René II, à Nancy (archives départementales de Meurthe-et-Moselle), le  », Nancy, Archives départementales Meurthe, 2010, 117 p., (ISBN 978-2-86054-035-3).

Liens externes