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La constante solaire, aussi appelée irradiance solaire totale, exprime la quantité d’énergie solaire que recevrait pendant une seconde (soit la puissance) une surface de m2 située à une distance d'une unité astronomique (distance moyenne Terre-Soleil), exposée perpendiculairement aux rayons du Soleil, en l'absence d’atmosphère. Pour la Terre, c'est donc la densité de flux énergétique au sommet de l'atmosphère.

Elle s’exprime en watts par mètre carré (W/m2 ou W m−2).

Pour la Terre[1] (hors atmosphère), elle vaut : .

Cette énergie est dissipée sur l'ensemble de la surface terrestre, qui, si elle est modélisée par une sphère, a une aire qui vaut quatre fois l'aire de la surface d'incidence, laquelle est un disque de même rayon[2].

Le rayonnement solaire incident moyen sur la surface totale est donc[3] :

.

Cette valeur moyenne est prise en compte dans le bilan radiatif terrestre.

Formule

Le rayonnement du Soleil émis par la chromosphère peut être modélisé par celui d'un corps noir. Pour ce faire, on considère que la température de surface est de 5 780 K environ. Il produit une émittance quantitativement estimable par la loi de Stefan-Boltzmann :

.

À une distance R, en posant la conservation de l'énergie rayonnée à travers l'espace, il vient que :

.

est le rayon solaire, égal à 696 342 km.

L'application numérique donne :

R s'exprime en millions de kilomètres et F en watts par mètre carré.

Pour la Terre, où R = au = 150 millions de kilomètres, on obtient

.

Cas des autres planètes

Irradiance reçue par les planètes du système solaire
Planète Irradiance reçue (W/m2)
Mercure 9083[4]
Vénus 2 601[5]
Terre 1 361[6]
Mars 586[7]
Jupiter 50[8]
Saturne 15[9]
Uranus 3,7[10]
Neptune 1,5[11]

Variations du rayonnement solaire

Variation de la constante solaire entre 1978 et 2003.

Depuis la formation du Système solaire, il y a environ 4,7 milliards d’années, l’intensité du rayonnement solaire a augmenté. À cette époque, elle ne valait que 70 % de sa valeur actuelle et, pendant le Carbonifère, il y a environ 300 millions d’années, elle était environ 2,5 % moins élevée qu’aujourd’hui.

La constante solaire, exprimée comme pourcentage de sa valeur actuelle, peut se décrire par l’équation suivante (le temps t étant exprimé en milliards d’années depuis l’apparition du système solaire) :

.

Ainsi, dans 4,7 milliards d’années, le Soleil serait environ 67 % plus puissant que maintenant, par son rayonnement émis. De possibles variations temporaires d’une durée de 10 millions d’années (tous les 300 millions d’années environ) pourraient expliquer les périodes glaciaires sur Terre : le Pléistocène est une période glaciaire, les précédentes se sont produites il y a 300 et 700 millions d’années. Mais d'autres effets terrestres seraient prépondérants, comme la disposition des continents (autour des pôles) ou la concentration des gaz à effet de serre.

La constante solaire varie, de l’ordre de 1 à 5 W/m2, sur des échelles de temps plus courtes, de quelques jours à quelques années, par exemple en raison de la présence ou de l’absence de taches solaires ou de l’activité solaire.

Un facteur des changements climatiques

Évolution de la température terrestre moyenne, de la concentration de CO2 et du nombre taches solaires depuis 1850.

Sur le long terme, la position astronomique de la Terre par rapport au Soleil est le principal facteur de variabilité naturelle de la température globale, au travers de la « constante » solaire.

Les cycles principaux concernent :

Parmi ces quatre facteurs, seuls le premier et le quatrième modifient la valeur de l'irradiance solaire reçue par la Terre. Les deux autres facteurs modifient la distribution de l'énergie solaire sur la surface terrestre, mais pas l'irradiance.

L'intégration de tous ces facteurs et d'autres dans le cadre la théorie astronomique des paléoclimats a donné lieu à des travaux divers en climatologie et cyclostratigraphie.

Évolution de la mesure de la constante solaire

La première détermination sérieuse de la constante solaire date de 1838 et revient à Claude Pouillet qui l'estime à 1 228 W m−2. Cette valeur, pourtant proche de la réalité, est remise en question en 1881 par Samuel Pierpont Langley qui trouve une constante égale à 2 140 W m−2 à la suite d'une expédition au sommet du mont Whitney (4 420 m). Cette valeur fera référence pendant plus de 20 ans[12].

Il aura fallu attendre la mise en orbite de radiomètres modernes pour affiner cette mesure. En 1978, le radiomètre HF sur le satellite Nimbus 7 annonce une valeur de 1 372 W/m2. Cette valeur est rapidement corrigée à 1 367 W/m2 par ACRIM I sur SMM. Plus récemment, VIRGO sur SoHO ramène cette valeur à 1 365,4 ± 1,3 W m−2 en 1998[13].

La valeur admise depuis 2008 est égale à 1 360,8 ± 0,5 W m−2[1].

Notes et références

  1. 1 2 Geophysical Research Letters, vol. 38, L01706, 7 PP., 2011 doi:10.1029/2010GL045777 A new, lower value of total solar irradiance: Evidence and climate significance
  2. Un calcul plus précis, en prenant comme modèle un ellipsoïde aplati, donne une correction de l'ordre de un millième à ce rapport. À titre d'exemple, lors des équinoxes, la surface d'incidence est une ellipse d'excentricité 0,081 819 avec une surface de 127,373 millions de kilomètres carrés, alors que la surface terrestre est de 510,065 millions de kilomètres carrés. Le rapport est alors de 4,0045. Il est un peu plus faible aux solstices.
  3. (en) « Climate and Earth’s Energy Budget », sur earthobservatory.nasa.gov, NASA, (consulté le ).
  4. « Mercury Fact Sheet », sur nssdc.gsfc.nasa.gov (consulté le )
  5. « Venus Fact Sheet », sur nssdc.gsfc.nasa.gov (consulté le )
  6. « Earth Fact Sheet », sur nssdc.gsfc.nasa.gov (consulté le )
  7. « Mars Fact Sheet », sur nssdc.gsfc.nasa.gov (consulté le )
  8. « Jupiter Fact Sheet », sur nssdc.gsfc.nasa.gov (consulté le )
  9. « Saturn Fact Sheet », sur nssdc.gsfc.nasa.gov (consulté le )
  10. « Uranus Fact Sheet », sur nssdc.gsfc.nasa.gov (consulté le )
  11. « Neptune Fact Sheet », sur nssdc.gsfc.nasa.gov (consulté le )
  12. Jean-Louis Dufresne La détermination de la constante solaire par Claude Pouillet [PDF], La Météorologie, no 60, p. 3643, février 2008.
  13. Construction of a Composite Total Solar Irradiance (TSI) Time Series from 1978 to present.

Voir aussi

Articles connexes

Liens externes