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Forces armées iraniennes
Sceau du chef d'état-major des Forces armées iraniennes
Sceau du chef d'état-major des Forces armées iraniennes
Fondation 1979
Branches
Commandement
Guide suprême de la Révolution islamique Ali Khamenei
Ministre de la Défense et de la Logistique des forces armées Mohammad Reza Qaraei Ashtiani
Main-d'œuvre
Actifs 755 000 militaires
Troupes régulières 413 000 hommes
Paramilitaires 300 000 hommes
Budgets
Budget 41 milliards (2021)
Pourcentage du PNB 1,9 % (2021)

Les forces armées iraniennes constituent la force de défense de la république islamique d'Iran, après avoir servi le régime du chah d'Iran. Elle se compose de deux groupes distincts :

  • L'Artesh, armée régulière de l'État, très importante en nombre, est chargée de la défense des frontières, de la défense anti-aérienne et de la protection des lignes de communication maritime en mer d'Oman, golfe d'Aden et mer rouge.
  • Les Gardiens de la Révolution, armée idéologique du régime, bien équipée, est chargée de la dissuasion conventionnelle avec les missiles et les tactiques de guérilla maritime dans le golfe persique.

Historique

L'armée royale de la Perse compte environ 30 000 hommes lors du putsch militaire déclenché par Reza Khan dans la nuit du 20 au 21 février 1921. Celui-ci réforme cette institution dont l'archaïsme a été démontré lorsque les combats entre l'armée ottomane et Alliés russo-britanniques ont débordé sur son territoire lors de la Première Guerre mondiale.

Des véhicules armés sont achetés à partir de 1924. Les premiers sont 4 automitrailleuses Rolls-Royce M1921 armées d'une mitrailleuse Vickers .303 British. La France vend en 1925 quelques chenillettes Citroën P2 et chars Renault FT mais on ne sait pas s'ils ont été effectivement livrés.

De fait, le premier blindé armé d'un canon entré en service opérationnel en nombre limité inconnu est le véhicule de reconnaissance American LaFrance TK-6 à roues armé d'un canon de 37 mm en 1933[1]. 12 Marmon-Herrington (en) M1934 équipés de la même arme sont livrés en 1935.

La Tchécoslovaquie devient un fournisseur de l'armée perse à partir de 1931 en livrant fusils, mitrailleuses et artillerie.

En 1934, la Perse change de nom et devient l'Iran.

50 chars léger tchécoslovaques ČKD TNH armés de canons et 50 chenillettes CKD AH-IV (en) équipé de mitrailleuses ZB-26 et les deux prototypes sont livrés entre août 1936 et mai 1937. Ils sont intégrés à parts égales aux première et seconde divisions d'infanterie.

Les effectifs sont de 125 000 hommes en 1941 réparti en neuf divisions d'infanterie et cinq brigades. Elles sont balayées lors de l'invasion anglo-soviétique de l'Iran lancée le .

L'armée sera réorganisée à partir de 1944 au standard américain jusqu'à la révolution islamique de 1979[2].

Mohammad-Rezâ Châh poursuivit la modernisation des forces armées immédiatement après l’abdication de son père en 1941. Dans les dernières années de son règne, profitant de l’aide américaine et de l’augmentation des revenus pétroliers, il fit de cette armée, tenue volontairement éloignée de la vie politique et dirigée de manière personnelle, la force la plus nombreuse et la mieux équipée du golfe Persique. Il souhaitait ainsi lui faire jouer un rôle de gendarme de la région et affirmer sa suprématie sur ses voisins[3]. La forte intervention iranienne dans la guerre du Dhofar permit la victoire du gouvernement de ce pays[4].

Elle participe activement à la répression des manifestations lors de la révolution islamique. Le nouveau régime, remplaçant le régime du Chah fera subir d'importantes purges au sein du corps d'officiers de l'armée.

Affaiblie, elle se montrera quand même efficace face aux troupes irakiennes lors de la guerre Iran-Irak et sera rapidement mise à l'écart à partir de 1983 et remplacée par la milice des Bassidj, milice islamiste populaire.

Depuis la rupture avec les États-Unis, La Russie, la Chine et la Corée du Nord sont devenus les principaux fournisseurs de l’Iran.

Organisation de la défense iranienne

Le Conseil suprême de la Défense (CSD)

Selon l’article 110 de la Constitution de la république islamique d’Iran de 1979, le CSD ou « Faqih » est directement placé sous l’autorité du guide suprême de la révolution. Il a la possibilité de proposer toute déclaration de guerre, de mobiliser les forces armées, de désigner les chefs des différentes armées et des Pasdarans. Les plans stratégiques et la politique de défense sont de son ressort. Il a également un rôle de contrôle de la défense à tous les niveaux et peut imposer à tout moment un droit de veto.

Le guide de la Révolution délègue la direction du CSD au président de la république islamique d'Iran mais se réserve le rôle de décideur final. Les autres membres siégeant au CSD sont le Premier ministre, le ministre de la Défense, le chef d’état-major général et le commandant en chef des Pasdarans.

Le Conseil suprême de la Sécurité Nationale (CSSN)

Selon l’article 177 de la Constitution, le CSSN est chargé :

  • de déterminer la politique de sécurité et de défense du pays ;
  • de coordonner les activités politiques, sociales, culturelles, économiques et le renseignement en vue de respecter la politique de sécurité et de défense du pays ;
  • de gérer les ressources du pays afin de faire face aux menaces intérieures et extérieures.

Branches militaires

Effectifs
Âge minimal18 ans
Disponibilité hommes de 18-49 ans : 18 319 545 (est. 2005)
Aptes au service militaire hommes de 18-49 ans : 15 665 725 (est.2005)
Atteignant l'âge de l'engagement annuellement 862 056 hommes (est. 2005)
Troupes actives 755 000 (6e rang)
Dépenses militaires
Montant en dollars US 20 milliards de $ en 2016, 41 milliards annoncés en 2021
 % du PIB1,9 %

Les forces armées de l'Iran sont séparées entre d'une part l'armée régulière de la république islamique d'Iran et d'autre part les Gardiens de la révolution islamique. D'autres groupes paramilitaires peuvent aussi être mobilisés.

Dans le détail, l'armée iranienne est composée de quatre branches : l'armée de terre (Artesh), les forces aériennes (Niru-Havayi), la marine (Niru-Daryai) et la défense aérienne, force distincte[5], pour un effectif de 413 000 militaires et 350000 réservistes[6].

L’armée de l’air, qui ne dispose que de soixante-cinq appareils de combat, dont certains datent de l’époque du chah, n'est pas en mesure de soutenir un conflit. L'Iran possède en revanche l’un des meilleurs systèmes du monde en matière de défense aérienne du territoire, avec notamment le radar transhorizon russe Rezonans et les systèmes passifs Avtobaza, ainsi que d'un très grand nombre de radars classiques russes et chinois. D'autre part, l’Iran est capable de détecter des avions furtifs et a acquis en 2016 le système de défense antiaérienne russe S-300, lui permettant de défendre ses sites stratégiques dans un rayon de deux cents kilomètres[7].

L'armée régulière est doublée par la force des Pasdarans qui dispose de 300 000 hommes dans une vingtaine de grandes formations, dont des unités terrestres, aériennes (notamment parachutistes) et navales (notamment infanterie de marine) ainsi que les forces Qods (Forces spéciales) et la milice des Basidj.

Les forces armées iraniennes ont un effectif total de 755 000 militaires.

Industrie de l'armement

Drones et bombes guidées manufacturées en Iran
Véhicules blindés et de combat d'infanterie manufacturés en Iran

Les capacités militaires réelles de l'Iran sont pour la plupart tenues secrètes et amplifiées par la guerre de l'information que se livrent son gouvernement et les États occidentaux. Ses possibilités scientifiques et technologiques sont relativement avancées pour un pays émergent et sont démontrées par la construction de missiles longue portée comme le Shahab-3, par la modification d'armements acheté sous licence et dernièrement par des lancements de fusées (dont la technologie est au moins en partie russe et nord-coréenne).

En 2010, l'industrie de l'armement dispose de plus de 400 usines. La Corée du Nord a construit le plus grand complexe à Ispahan pour la fabrication de chars, de munitions et de carburant propergols pour missiles. La Chine a développé à Semnan des usines de conception de missiles devant atteindre une production annuelle de plus de mille unités, Il existe en outre plusieurs arsenaux iraniens fabriquant des armes légères.

Cet État importe du matériel militaire provenant quelquefois du marché noir notamment pour son matériel d'origine occidental ou provenant de pays comme la Russie, la Chine, la Corée du Nord ou les pays sous embargo[8]. L'objectif de plusieurs gouvernements étrangers, surtout celui des États-Unis, est de bloquer les achats extérieurs des Pasdarans, qui ont leurs fonds propres et sont inscrits sur la liste noire américaine du terrorisme.

Les services secrets américains penseraient que l'Iran a obtenu de la Corée du Nord entre 2007 et 2010 trente missiles stratégiques BM25 Musudan qui ont une portée estimée à entre 3 000 et 4 000 km[9]. L'Iran fabrique localement des armes, des drones de reconnaissance, d'attaque et kamikazes, des modernisations d'avions de combat basés sur d'anciens modèles Américains achetés avant la révolution[10], de sous-marins de faible tonnage de classe Fateh, des navires de guerre (notamment des navires d'attaque rapide, quelque frégates et des missiles anti-navires)[11] ou encore des chars (souvent des chars Russes ou acquis pendant la période du Shah aux Anglais, qui ont subi des modifications, modernisations ou améliorations) tels que le Type-72Z Safir-74, le Mobarez (en) ou encore le Karrar

En 2022, l'Iran est classé au 14ème rang mondial des plus grandes puissances militaires par le Global FirePower et la 4e du Moyen-Orient selon Forbes en 2018[12].

En 2022, l'Iran ne possède pas l'arme nucléaire, fin 2021, le chef de la CIA, William Burns, indique que l'agence de renseignement ne dispose aucune preuves indiquant que l'Iran possède ou aurait tenté de fabriquer une arme nucléaire. Le programme nucléaire Iranien étant également suivi et contrôlé par l'Agence internationale de l'énergie atomique[13]

Sources

Références

  1. (en) « American LaFrance » TK 6 », sur trucksplanet.com (consulté le ).
  2. Yann Mahé, « 1936-1945, Iran », Batailles et Blindés, no 74, , p. 4-5.
  3. Éric Gauvrit, « Les forces armées conventionnelles de l'Iran : état des lieux », Outre-Terre, vol. 2, no 28, , p. 109-139 (lire en ligne).
  4. « Oman (and Dhofar) 1952-1979 » [archive du ], sur acig.org, (consulté le ).
  5. (fr) NOTES D'ACTUALITÉ No 166 IRAN : LA DÉFENSE ANTI-AÉRIENNE DEVIENT UNE ARMÉE À PART ENTIÈRE, Centre Français de Recherche sur le Renseignement, 14 mars 2009
  6. « L'armée de terre et la force aérienne iranienne », Défense & Sécurité Internationale, no 146, mars - avril 2020, p. 52 (ISSN 1772-788X).
  7. Akram Kharief, « Défense à double détente en Iran », Le Monde diplomatique, (lire en ligne).
  8. « Saisie d'armes nord-coréennes pour l'Iran », sur Le Figaro, Agence France-Presse, (consulté le ).
  9. « Iran Fortifies Its Arsenal With the Aid of North Korea », The New York Times, .
  10. « Téhéran défie les Etats-Unis avec son avion de combat "Made in Iran" », sur La Tribune, 2018-11-04cet06:00:00+0100 (consulté le ).
  11. (en-US) Ryan White, « Understanding Iran's Naval Forces, IRIN/IRGCN - Naval Post- Naval News and Information », (consulté le ).
  12. « Forbes : l’Iran est la 4ème puissance militaire du Moyen-Orient », sur Yandexfr, (consulté le ).
  13. Par Jacob Magid, « Aucune preuve que l’Iran ait armé son programme nucléaire, dit le chef de la CIA », sur fr.timesofisrael.com (consulté le ).

Bibliographie

  • Alain Rodier, Iran : la prochaine guerre, Paris, Ellipses, , 142 p. (ISBN 978-2-729-83641-2)

Annexes

Articles connexes

  • Industrie de la défense de l'Iran
  • Industries iraniennes de l'électronique
  • Agence spatiale iranienne

Liens externes