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Bataille de Wagram
Description de cette image, également commentée ci-après
Bataille de Wagram, 6 juillet 1809, Horace Vernet.
Informations générales
Date 5 et
Lieu Wagram, village à 15 km au nord de Vienne, Autriche
Issue Victoire française décisive
Traité de Schönbrunn (1809)
Fin de la Cinquième Coalition
Forces en présence
164 000 soldats
433 canons
128 200 soldats
415 canons
Pertes
30 000 morts et blessés40 000 morts et blessés

Cinquième Coalition

Batailles

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Rébellion du Tyrol

Coordonnées 48° 17′ 58″ nord, 16° 33′ 52″ est
Géolocalisation sur la carte : Autriche
(Voir situation sur carte : Autriche)
Bataille de Wagram

La bataille de Wagram est une bataille de la guerre de la Cinquième Coalition, qui fut décisive pour son issue. Elle a eu lieu du 5 au dans les plaines Marchfeld (de), sur la rive nord du Danube, la principale zone de combats se localisant aux environs du village de Deutsch-Wagram, à 10 km au nord-est de Vienne. Les deux jours de lutte ont vu s'imposer l'armée impériale française, sous le commandement de Napoléon Ier face à l'armée impériale autrichienne commandée par l'archiduc Charles d'Autriche-Teschen.

La bataille de Wagram fut la plus meurtrière des batailles qui avaient eu lieu jusqu'alors, et ne sera égalée ou dépassée que par les batailles de la Moskova et Leipzig. Après le combat, épuisées et ayant subi de très lourdes pertes, les forces françaises ne peuvent poursuivre leur ennemi. Quant aux Autrichiens, leur situation, déjà très difficile avant le combat, devient désespérée après la défaite.

Contexte

Après la défaite autrichienne à la bataille d'Austerlitz en décembre 1805, l'empereur François II d'Autriche ratifia le traité de Presbourg qui concluait une paix coûteuse avec la France impériale. En effet, l'Autriche dut verser à la France une indemnité de guerre s'élevant à quarante millions de florins, cédant en parallèle 10 % de sa population de vingt-quatre millions de sujets à l'autorité française, qui fournissait à l'Empire 16 % de ses revenus annuels. Cette population nouvellement francisée vint peupler les républiques sœurs créées par Napoléon à l'issue de ce traité, en Italie et en Bavière (la confédération du Rhin), qui agissent comme des états-tampons contre les ennemis de l'est, lui procurant également de nouvelles zones de recrutement militaire. La défaite prussienne à l'issue de la campagne de 1806 poussa enfin François II à abandonner son titre de Saint-Empereur, ne conservant que le titre d'empereur d'Autriche. Bien évidemment, ce traité s'avéra impopulaire dans les cercles décisionnels autrichiens, et un parti belliqueux se forma. L'archiduc Charles, stratège reconnu et le seul général autrichien pouvant tenir tête à Napoléon, fut désigné comme Generalissimus (généralissime, commandant suprême des armées), avec l'ordre de réformer l'armée, dont l'incompétence fut exposée au grand jour après la défaite de 1805. En parallèle, l'Autriche se mit en quête d'alliés. Après le traité de Tilsit de 1807, la Russie devenait alliée de Napoléon. La Prusse remit les négociations à plus tard, pour ensuite refuser l'invitation à la guerre. La Grande-Bretagne, déjà en guerre contre la France, reçut favorablement cette proposition, mais elle fut incapable de participer à l'effort de guerre autrichien, ses forces militaires étant mobilisées en Espagne. L'Autriche dut conduire cette guerre seule, mais nourrissant cependant l'espoir de rallier à sa cause les mouvements nationalistes naissants en Allemagne et en Italie. Finalement, hormis la révolte pro-autrichienne d'Andreas Hofer dans le Tyrol bavarois, la tentative isolée du major Ferdinand von Schill, l'action idéaliste du jeune Friedrich Staps, les peuples allemands sous autorité française demeurèrent fidèles à Napoléon.

Début des hostilités

Napoléon traversant l'île de Lobau.

Le , les armées impériales sous le commandement de l'archiduc Charles envahissent l'Italie par le nord et la Bavière, sans préalablement déclarer la guerre, un simple message de Charles (« J'ai ordonné à mes forces d'avancer et de considérer comme ennemis tous ceux qui s'opposeront à elles ») parvenant aux avant-postes français. Quelques heures plus tard, les Autrichiens attaquent. Malgré le fait que Napoléon s'attendait à une attaque autrichienne, elle vint plus tôt qu'il ne l'avait prédit, et de ce fait était encore à Paris lorsque Charles avançait. La lenteur de l'attaque ne l'empêcha cependant pas d'être initialement réussie, Munich tombant aux mains des Autrichiens ; devant eux ne se dressait plus qu'une armée française divisée. Cependant, l'arrivée de Napoléon Ier avec la Garde Impériale changea la donne. En effet, à l'issue de contre-attaques réussies à Abensberg, Landshut, Eckmühl et Ratisbonne, il parvint à refouler les Autrichiens sur la rive nord du Danube. Napoléon continua sur sa lancée, capturant Vienne le 12 mai ce qui ne provoqua pas pour autant la capitulation autrichienne. En effet, Charles conservait intact son corps principal stationné au nord-est de la ville impériale. Napoléon décida alors de traverser le Danube afin de rencontrer et vaincre l'armée autrichienne. L'archiduc, qui avait anticipé ce mouvement, attendit jusqu'à ce qu'une partie de l'armée française vînt s'établir dans le saillant de Mühlau et les villages d'Aspern et d'Essling pour la flanquer et attaquer ensuite la tête de pont française. Napoléon tenta de renforcer sa position en envoyant des renforts, mais l'acheminement de ces derniers fut rendu impossible par les barges autrichiennes chargées de pierres et destinées à s'écraser contre les chétifs ponts français. S'ensuivirent deux jours d'intenses combats, où les Français en sous-nombre et constamment à court de munitions durent repousser les Autrichiens, et à l'issue desquels Napoléon ordonna une retraite sur l'île de Lobau. Napoléon y laissa 7 000 morts et l'un de ses maréchaux les plus compétents, le maréchal Lannes. À Lobau, il exposa ses hommes aux canons ennemis, les denses paquets de troupes françaises offrant des cibles de choix aux canonniers autrichiens. Cependant, Charles préféra placer un corps d'observation sur la rive gauche et se replia quelques kilomètres en arrière. Napoléon reconnut nécessaire une nouvelle traversée du Danube, et s'y prépara avec plus de minutie. Le 1er juin, les ingénieurs français commencèrent la construction d'un ponton et de ponts, cette fois-ci bien plus solides que les précédents. Les ponts (trois principaux et 8 secondaires) furent achevés le 21 juin. Des bateaux furent réquisitionnés, chargés de canons afin de patrouiller le long du Danube. Enfin, Lobau devint une gigantesque base de ravitaillement pour l'armée impériale, recelant provisions, munitions et troupes. Le 5 juillet, 162 000 soldats français se retrouvèrent sur la rive gauche du Danube. Les plaines Marchfeld furent alors la prochaine destination des troupes impériales. Cette plaine constituait un terrain d'entraînement pour les soldats autrichiens, et était donc bien connue de l'archiduc, qui avait déployé ses troupes défensivement tout au long du Wagram, versant sud d'une terrasse alluviale, et derrière le Russbach , petite rivière coulant au nord du Danube.

Armées respectives

Armée autrichienne

Pendant les deux jours de bataille, Charles ne put compter que sur la principale armée autrichienne, la Kaiserlich-königliche Armee. L'archiduc avait prévu que l'armée de l'archiduc Jean d'Autriche participe à la bataille, mais cette dernière n'arriva qu'à la fin du second jour. Par conséquent, les forces autrichiennes disponibles se chiffrent à 137 000 hommes et 415 pièces d'artillerie.

Armée française

Contrairement à son homologue autrichien, Napoléon put rassembler deux armées secondaires pour la bataille à venir. La première, l'armée d'Italie, vint d'Italie du Nord jusqu'à Vienne et était sous le commandement du vice-roi d'Italie, le prince Eugène. La seconde était le XIe corps de l'armée de Dalmatie, commandé par le général de division Auguste de Marmont. Cependant, ces deux armées n'arrivèrent sur le champ de bataille que le 6 juillet à midi, en même temps que la division bavaroise du général Carl Philipp von Wrede du VIIe corps. Par conséquent, Napoléon rassembla 165 000 hommes et 433 pièces d'artillerie, organisés en corps, divisant la Grande Armée d'Allemagne.

Champ de bataille

La bataille eut lieu à environ 10 km au nord-est de Vienne, dans les plaines de Marchfeld. Située sur la rive gauche du Danube, la ville de Presbourg, où l'armée de l'archiduc Jean est stationnée, n'est située qu'à 40 km du champ de bataille. La plaine de Marchfeld était une vaste et presque entièrement plate étendue agricole, recouverte partiellement de cultures en ce mois de juillet. En 1809, il existait plusieurs villages, séparés par de courtes distances, la plaine était délimitée au nord par un fleuve, le Russbach, aux rives couvertes de végétations fluviales. Le fleuve fut un véritable obstacle à la cavalerie, et la traversée de l'artillerie nécessita la construction de ponts. Au nord du fleuve existait une sorte d'escarpement au niveau du village de Deutsch-Wagram, lui donnant ainsi son nom. Les villages tout au long du Russbach représentent pour l'armée autrichienne des positions défensives stratégiques, alors que derrière le Russbach s'étend l'escarpement de Wagram, excellent point d'observation. Le champ de bataille sera délimité au nord par le village de Deutsch-Wagram, à l'ouest par le village de Kagran (de), au sud par les villages d'Aspen et d'Essling et à l'est par le village de Glinzendorf.

Description

Le 5 juillet, Lobau fut transformée en un entrepôt géant, et Napoléon était prêt.

Stratégies

Hussards français pendant une mission de reconnaissance.

La stratégie de Napoléon consista à faire diversion au nord de Lobau, au niveau du site de la bataille d'Aspern-Essling, dans le but d'attirer l'armée autrichienne à ce niveau, avec quelques troupes. Parallèlement, il comptait traverser le Danube à l'Est de ce point, avec le gros de l'armée, afin de pouvoir flanquer l'armée autrichienne. Cette stratégie lui évitait une attaque directe en traversant le Russbach, et lui permettait d'encercler une armée autrichienne sans issue.

Charles savait quant à lui que Napoléon allait traverser au même endroit que précédemment. Mais plutôt que de défendre la rive gauche sous le feu de l'artillerie française de Lobau, ou même essayer de défendre les plaines de Marchfeld le terrain accidenté étant trop avantageux pour les troupes légères de Napoléon , il retira la majeure partie de son armée derrière le Russbach, en forme de V, ses deux extrémités se situant au niveau des villages de Süssenbrunn (de) à l'ouest et de Markgrafneusiedl à l'Est, le sommet de ce dernier se situant au niveau du village de Wagram. Charles oscilla constamment entre une stratégie offensive et défensive, mais à l'aube de la bataille, il décida de conserver cette disposition dans le but d'utiliser une aile afin d'encercler Napoléon lors de son attaque sur l'autre aile. La communication étant défaillante, il en résulta que le lieutenant-général Nordmann qui commandait l'avant-garde sur la gauche autrichienne, conserva une position qu'il ne devait pas occuper.

Premières manœuvres

Grâce à sa tête de pont fortifiée, Napoléon fit traverser le Danube à ses 165 000 hommes pendant la nuit du 4-5 juillet. Son armée était composée du IIe corps d'Oudinot, du IIIe corps de Davout, du IVe corps de Masséna, de l'armée d'Italie de Beauharnais, du IXe corps saxon de Bernadotte et du XIe corps de Marmont. Notons également la présence de la Garde Impériale, de la réserve de cavalerie de Bessières et du contingent bavarois de Carl von Wrede, qui arriva le 6 juillet après six jours de marche.

Parallèlement, Charles ne prit pas le soin de réunir toutes ses forces disponibles. Une brigade du corps de Johann Kollowrat fut mise à l'écart, le Ve corps du prince Heinrich XV de Reuss-Plauen fut considéré comme réserve et conservé au nord-ouest, et les forces de l'archiduc Jean furent laissées à Presbourg. Enfin, quelques divisions supplémentaires pouvaient être appelées en renfort de Galicie et de Bohême. Si Charles avait rassemblé toutes ses forces à Wagram, il aurait bénéficié de 60 000 hommes supplémentaires. Son armée était composée de l'avant-garde d'Armand von Nordmann, du Ier corps d'Heinrich comte de Bellegarde, du IIe corps du prince Friedrich de Hohenzollern-Hechingen, du IIIe corps de Kollowrat, du IVe corps du prince Franz Seraph of Rosenberg-Orsini, du VIe corps de Johann von Klenau (Klenau prit les commandes de ce corps en remplacement de Johann Von Hiller à l'aube de la bataille), de la réserve de grenadiers et de cavalerie de Johann Liechtenstein. Le 5 juillet, Napoléon déployait ses troupes près d'Aspern et d'Essling.

Premier jour

L'artillerie autrichienne pilonnait intensément les deux villages pendant que l'armée française se déployait. Quelques avant-postes sous le commandement de Nordmann et Klenau ont été envoyés, les troupes de Nordmann ayant perdu 50 % de leurs effectifs mais conservant cohésion et efficacité. À midi, toute la zone voisine d'Aspern et d'Essling fut aux mains des Français. Plus tard dans l'après-midi, l'armée française forma un demi-cercle avec Masséna à l'extrême gauche, Bernadotte, Eugène et Oudinot au centre, et Davout à l'extrême droite, épaulé par deux brigades de cavalerie couvrant son propre flanc droit afin de faire face à l'arrivée anticipée de l'archiduc Jean.

Aux environs de 18 h, dans le but de commettre une action décisive lui donnant l'avantage au terme de cette première journée mais également afin d'éviter l'arrivée de l'archiduc Jean, Napoléon ordonna une attaque sur le centre autrichien, visant en particulier les corps de Bellegarde et Hohenzollern tout au long du Russbach. L'attaque fut peu coordonnée et s'avéra être désastreuse. Les forces autrichiennes furent préalablement repoussées de Wagram, avant que Charles ne puisse rallier à lui ses hommes et ne repousse les Français. Les contre-attaques autrichiennes permirent alors de récupérer tout le terrain concédé à Napoléon pendant son offensive. Les combats de rue d'Aderklaa furent un avant-goût de la bataille du lendemain, et se sont caractérisés par une abondance de tirs dits amis, notamment lorsque les Italiens de MacDonald tirèrent sur les troupes saxonnes de Bernadotte, leurs uniformes blancs les ayant fait confondre avec les Autrichiens.

Deuxième jour : l'offensive autrichienne

Cuirassiers autrichiens (ici en 1815) du 4e régiment, intervenus pour repousser la cavalerie française près d'Aderklaa.

À son examen de la situation tactique, Charles conclut que la relative petitesse du front français et de la profondeur de ses lignes permettaient à Napoléon de frapper et de briser sa ligne n'importe où. Afin d'y remédier, il ordonna une attaque simultanée, à la fois sur les deux flancs français et sur le centre. Une attaque sur le front droit constitua une feinte dans le but d'attirer les réserves françaises et de les éloigner. La véritable attaque visait en fait le flanc gauche de l'armée française à Aderklaa. Si sa stratégie réussissait, il recréerait l'exploit d'Hannibal à Cannes puisque les Français seraient encerclés, le Danube coupant toute retraite.

Cependant, la longueur du front autrichien, l'État-Major incompétent et la non-arrivée de Jean eurent raison de la stratégie de Charles. À 4 h, au matin du 6 juillet, les premières attaques autrichiennes visèrent le flanc droit français. Peu coordonnée, cette attaque fut interrompue par les hommes de Davout. Cependant, les IIIe et VIe corps représentèrent une menace réelle pour Napoléon sur son aile gauche.

Au centre, les Autrichiens réussirent à repousser le IXe corps de Jean-Baptiste Bernadotte, abandonnant Aderklaa, qui tomba aux mains des Autrichiens sans un coup de feu. En avançant dans le village, les Autrichiens repoussèrent les Saxons qui se débandèrent devant les tentatives de ralliement de Bernadotte. Napoléon rencontra alors Bernadotte en train de rallier ses troupes, et l'allégea du commandement du IXe corps immédiatement. Dans le but de repousser les Autrichiens, Napoléon rassembla 112 canons de tout calibre et forma en son centre une grande batterie, qui arrosa de plomb les colonnes autrichiennes. L'artillerie et les attaques de cavalerie stoppèrent la progression du corps de Kallowrat. Klenau entra en contact avec une division française, mais s'exposa aux canons de Jean-Louis-Ébénézer Reynier de Lobau. Le corps de Masséna, qui s'était retiré vers le nord, revint ensuite vers Aspern-Essling sous le feu autrichien, et fondit sur le flanc gauche de Klenau pendant qu'il essayait de se frayer un chemin dans les arrières gauches de Napoléon. Ce mouvement stabilisa le flanc gauche français.

Deuxième jour : contre-offensive française

Cuirassiers français pendant la bataille.
Les chasseurs à cheval de la Garde impériale chargeant des dragons autrichiens à Wagram, par Henri Chartier.

Pendant ce temps, sur le flanc droit, la situation commença à s'améliorer, Oudinot et Davout avançant vers le village de Markgrafsneusiedl. La zone voisine au village fut le théâtre d'un combat intense et le corps de Davout refoula les troupes de Rosenberg hors du village pour le capturer vers 15 h. Davout attaquait ensuite le flanc gauche.

Une attaque majeure fut maintenant lancée contre le centre autrichien qui avançait, sous le commandement du général de division MacDonald, qui était rattaché à l'armée d'Italie sous le commandement de Beauharnais. MacDonald forma un carré constitué de 8 000 hommes (27 bataillons) et lança cette formation sur le centre autrichien. Ces derniers ripostèrent par un barrage intense d'artillerie et plusieurs attaques de cavalerie légères. Le général Antoine Charles Louis de Lasalle vint alors supporter MacDonald avec ses hussards, y perdant la vie. Après une féroce mêlée, l'attaque du général s'interrompit sans pouvoir briser le centre autrichien. Elle empêcha cependant Charles de pouvoir renforcer son flanc gauche, et les Autrichiens commencèrent alors à évacuer la position, se retirant proprement vers Znaim au nord-ouest.

Épuisée par près de quarante heures de combats, l'armée française suivit plutôt qu'elle ne poursuivit les Autrichiens. MacDonald reçut ce jour-là, et sur le champ de bataille, son bâton de maréchal.

Napoléon a pourtant gagné la bataille. À sa droite, Louis-Nicolas Davout dérobe Hohenzellern ; au centre Eugène de Beauharnais et Nicolas-Charles Oudinot avancent ; au sud André Masséna repousse Klénau. Vaincue mais non mise en déroute, l'armée autrichienne abandonne le champ de bataille.

Conséquences

Charles appela son frère au secours, mais celui-ci ne parvint à Wagram qu'au matin du 7 juillet, et donc dans l'incapacité de changer le cours de la bataille. Cinq jours plus tard, Napoléon vainquit l'avant-garde autrichienne à Znaïm, et Charles proposa un armistice, que Napoléon accepta.

MacDonald fut promu maréchal sur le champ de bataille, pour ses qualités de commandant lors de son attaque du centre. Oudinot et Marmont reçurent leurs bâtons à Znaim, Marmont étant quelque peu surpris de cet honneur. Rapidement, les soldats mirent au point un chant relatif à la promotion de ces trois hommes : La France a nommé MacDonald, l'armée a nommé Oudinot, l'amitié a nommé Marmont[1].

Le colonel-major Pierre Daumesnil (1776–1832) perdit une jambe à Wagram.

L'avenue de Wagram, une des avenues qui conduisent à l'Arc de triomphe sur la place de l'Étoile à Paris, fut nommée en 1864 en mémoire de cette bataille ; une place et une station de métro ont également suivi.

Louis-Alexandre Berthier, chef d'État-major de Napoléon, reçut le titre de Prince de Wagram.

Analyses

Wagram fut la première bataille à l'issue de laquelle Napoléon échoua à obtenir une victoire décisive sans éprouver beaucoup de pertes. En effet, les Français perdirent près de 34 000 hommes à Wagram, auxquels se rajoutent les 20 000 perdus à Aspern-Essling. Contrairement à la campagne de 1807 où la victoire difficile et marginale d'Eylau avait été suivie d'un succès écrasant à Friedland, la campagne de 1809 s'est finalement achevée par une victoire coûteuse en hommes et peu convaincante.

Ceci pourrait être interprété comme étant la manifestation du déclin progressif de la qualité des troupes napoléoniennes, et de l'amélioration de celles de ses adversaires, qui ont désormais compris leurs erreurs passées et ont globalement appréhendé les stratégies de Napoléon. Ces lourdes pertes, qui incluaient des troupes expérimentées et une trentaine de généraux dont Lasalle et Lannes à Aspern-Essling, ne purent être compensées par la suite. La mise à l'écart du commandement de Bernadotte, conséquence de son échec à la bataille de Wagram, eut des conséquences inattendues : élu à la surprise générale héritier au trône de Suède l'année suivante, l'ancien maréchal s'avérera être par la suite un soutien décisif pour les Alliés.

Selon I. Castle, les pertes autrichiennes sont de 41 250 hommes, dont 23 750 tués ou blessés, 10 000 disparus et 7 500 capturés, alors que les pertes françaises se chiffrent à 37 500 hommes, dont 27 500 tués ou blessés et 10 000 disparus ou capturés. Quatre généraux autrichiens furent tués ou mortellement blessés : Armand von Nordmann (en), Josef Philipp Vukassovich, Peter von Vécsey et Konstantin Ghilian Karl d'Aspré.

Notes et références

  1. Charles Parquin et Jacques Jourquin (collaborateur), Souvenirs et Biographie du Commandant Parquin, Tallandier, coll. « Bibliothèque napoléonienne », , 528 p. (ISBN 979-10-210-1664-4, présentation en ligne).

Voir aussi

Articles connexes

  • Avenue de Wagram
  • Le roman de Gilles Lapouge, La Bataille de Wagram

Bibliographie

  • Arnaud Blin, Wagram : 5-6 juillet 1809, Paris, Tallandier, coll. « Histoire en batailles », , 207 p. (ISBN 978-2-847-34661-9).
  • François-Guy François-Guy Hourtoulle, André Jouineau (planches uniformologiques) et Jean-Marie Mongin (cartographie), Wagram : l'apogée de l'Empire, Paris, Histoire & collections, , 120 p. (ISBN 978-2-915-23973-7).
  • Frédéric Naulet, Wagram (5 et 6 juillet 1809) : le canon tonne sur les bords du Danube, Paris, Economica, , 385 p. (ISBN 978-2-717-85711-5).

Liens externes

  • « Le deuxième passage du Danube, 4-5 juillet 1809 », revue d'Histoire rédigée à l’État-major de l'Armée, Gallica, vol. 34, , p. 420-470 (lire en ligne).