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Le Grand Bleu
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Réalisation Luc Besson
Scénario Luc Besson
Robert Garland
Marilyn Goldin
Jacques Mayol
Marc Perrier
Musique Éric Serra
Acteurs principaux
Sociétés de production Gaumont
Pays de production Drapeau de la France France
Drapeau de l'Italie Italie
Genre Drame
Durée 132 minutes (version originale)
168 minutes (version longue)
Sortie 1988

Pour plus de détails, voir Fiche technique et Distribution

Le Grand Bleu est un film franco-italien coécrit et réalisé par Luc Besson, sorti en 1988.

Ce film générationnel est très librement inspiré des vies de Jacques Mayol et Enzo Maiorca, célèbres champions de plongée en apnée, ainsi que de la propre enfance de Luc Besson.

Le film fait l'ouverture du Festival de Cannes 1988 où il reçoit un accueil assez glacial de la presse. Ayant reçu six nominations aux César (dont celui du meilleur film, meilleur réalisateur, meilleur acteur), il remporte le César de la meilleure musique et celui du meilleur son. Le film ressort dans une version longue director's cut en 1989.

Synopsis

Présentation générale

En Grèce dans les années 1960, le jeune Français Jacques Mayol aime plonger. L'Italien Enzo Molinari[Note 1] en fait déjà son rival. À la suite d'un accident de plongée, le père de Jacques meurt et le jeune garçon quitte l'île.

Plus de 20 ans plus tard, Enzo n'a pas oublié Jacques et leur rivalité. L'Italien fait tout pour l'attirer au championnat du monde d'apnée no limit à Taormine, en Sicile. Entre-temps, Jacques a rencontré la belle new-yorkaise Johana Baker au Pérou. Celle-ci tombe rapidement sous son charme et parvient à se faire envoyer en Sicile par son employeur.

Synopsis Version director's cut

Sur une île grecque, en 1965, les amis de Jacques Mayol lui montrent une pièce d'or sous l'eau. Il se prépare à plonger mais Enzo, plus âgé de deux ans, est plus rapide. Le lendemain, le père de Jacques se noie lors d'une pêche en scaphandre.

En Sicile en 1988, Enzo est demandé en renfort pour sauver un plongeur coincé sous une épave. Il plonge dans l'eau sans respirateur et parvient à sauver le plongeur. Il demande ensuite à son frère Roberto de trouver Jacques. Au Pérou, Johana Baker qui travaille pour une compagnie d'assurances croise Jacques Mayol et, avec le Dr Laurence, regarde une expérience quand Jacques plonge dans le lac glacé sans respirateur. La jeune femme lui apporte du café, Jacques revient plus tard lui offrir un cadeau afin de la remercier.

De retour en France, Enzo retrouve Jacques et le convie au championnat à Taormine. À New York, Johana découvre que l'appartement qu'elle partage avec sa colocataire a été cambriolé. Elle apprend par le docteur Laurence que Jacques est en Sicile et décide de s'y rendre.

Sur place, Enzo et Jacques se retrouvent à l'hôtel. Alors qu'ils bavardent à la terrasse d'un restaurant, Johana les trouve et ils sympathisent. Lors d'une soirée, les deux hommes décident de voir qui tient le plus longtemps sous l'eau. Ils finissent sur un brancard. Johana s'occupe de Jacques mais est énervée par leur attitude.

Le lendemain le médecin de la CMAS interdit à Enzo de plonger en raison de son état de santé. Il ignore les conseils et parvient à battre le record. Un soir, le trio libère un dauphin malheureux dans le parc aquatique de Taormine. Au championnat du monde d'apnée, Jacques plonge à plus de 108 mètres de profondeur. Dans la soirée, il entame une liaison avec Johana avec qui il passe la nuit. En pleine nuit, il sort, plonge dans la mer et nage avec un dauphin jusqu'au petit matin, Johana comprend ainsi qu'il préfère passer du temps sous l'eau qu'être avec des femmes. Le même jour elle doit repartir à New York.

Sur une plateforme pétrolière, une capsule emmène Enzo, Jacques et un Belge à bord pour effectuer une mission en profondeur. Après cela, Jacques et Johana se retrouvent. Enzo devient ensuite champion du monde en descendant à 115 mètres, 4 minutes et 50 secondes en apnée. Jacques le bat avec 120 mètres.

Deux grands dauphins, espèce utilisée dans le film.

La veille de la compétition, Johana veut parler d'avenir avec Jacques, mais il reste silencieux et ne semble pas partager sa vision de la vie. Le jour J, Enzo fait tout pour battre Jacques et va descendre le plus profondément possible, quitte à y risquer sa vie. Le docteur Laurence veut arrêter la compétition car il estime que c'est trop dangereux mais Enzo refuse de l'écouter. Il plonge plus longtemps et plus profondément. Une fois remonté à la surface, l'Italien est mourant. Dans les bras de Jacques, Enzo demande à son ami de le laisser mourir au fond de la mer.

Bouleversé par la mort de son ami, Jacques se mure dans le mutisme, alors que Johana apprend qu'elle est enceinte de lui. Elle va voir Jacques qui fait une petite crise, elle le suit et tente de le raisonner. Elle lui avoue sa grossesse mais il plonge quand même et à la profondeur maximale qu'autorise la compétition il quitte la lumière pour rejoindre un dauphin dans la noirceur des profondeurs.

Fiche technique

Sauf indication contraire ou complémentaire, les informations mentionnées dans cette section peuvent être confirmées par les bases de données Allociné et IMDb. Icône signalant une information Sauf indication contraire ou complémentaire, les informations mentionnées dans cette section peuvent être confirmées par la base de données d'Unifrance.

  • Titre original : Le Grand Bleu
  • Titre international : The Big Blue
  • Réalisation : Luc Besson
  • Scénario : Luc Besson, Robert Garland, Marilyn Goldin, Jacques Mayol et Marc Perrier, d'après une histoire de Luc Besson inspirée de la vie de Jacques Mayol
  • Musique : Éric Serra
  • Décors : Dan Weil
  • Costumes : Magali Guidasci, Mimi Lempicka, Blandine Boyer, Malika Khelfa, Brigitte Nierhaus, Martine Rapin et Patricia Saalburg
  • Photographie : Carlo Varini et Christian Pétron (photographie sous-marine)
  • Son : Pierre Befve, Gérard Lamps
  • Montage : Olivier Mauffroy
  • Production : Patrice Ledoux
  • Production exécutive : Monty Diamond et Bernard Grenet
  • Production déléguée : Claude Besson
  • Coproduction : Luc Besson
  • Sociétés de production : Les Films du Loup et Gaumont
  • Sociétés de distribution : Gaumont (France) et Filmauro (Italie)
  • Budget : 12,2 millions euros[1]
  • Pays de production : Drapeau de la France France, Drapeau de l'Italie Italie
  • Langues originales : anglais, français, italien
  • Format[2] : couleur (Eastmancolor et séquence d'ouverture en Noir et blanc) - 35 mm - 2,39:1 (format gonflé sur copies 70 mm ratio 2,20:1 ) - son Dolby SR (35 mm) / 70 mm 6-Track (70 mm)
  • Genres : drame, romance
  • Durée : 132 minutes (version originale), 168 minutes (version longue), 118 minutes (version américaine)
  • Dates de sortie[3] :
  • Classification[4] :

Distribution

  • Rosanna Arquette (VF : Julie Dassin)[Note 2] : Johana Baker
  • Jean-Marc Barr : Jacques Mayol
  • Jean Reno : Enzo Molinari
  • Paul Shenar (VF : Jacques Frantz) : Dr Laurence
  • Sergio Castellitto : Novelli
  • Jean Bouise : Oncle Louis
  • Marc Duret : Roberto Molinari
  • Griffin Dunne : Duffy
  • Andréas Voutsinas : le prêtre orthodoxe
  • Valentina Vargas : Bonita
  • Kimberly Beck : Sally
  • Geoffrey Carey : le commanditaire de la recherche sous-marine du début du film
  • Jacques Lévy : le médecin sur le bateau des Championnats du Monde
  • Pierre Semmler : Franck
  • Luc Besson : un plongeur durant le concours (caméo)
  • Bruce Guerre-Berthelot : Jacques Mayol, jeune
  • Gregory Forstner : Enzo Molinari, jeune
  • Claude Besson : le père de Jacques Mayol
  • Alessandra Vazzoler : la mère d'Enzo
  • Pierre-Alain de Garrigues : le super intendant
  • Constantin Alexandrov : le gérant de Marineland
  • Paul Herman : le chauffeur de taxi américain

Production

Genèse et développement

Luc Besson est très tôt « bercé » dans l'univers des apnéistes : fort du métier de ses parents (G.O. professeurs de plongée au Club Méditerranée), ce fils unique passe son enfance en bord de mer (notamment en Yougoslavie et en Grèce, dont l'île d'Amorgós où est tourné en grande partie son film) et il rêve de devenir delphinologue[5] et est lui-même un temps moniteur de plongée[6]. Pendant les vacances, en 1977, il travaille comme instructeur de plongée à Palinuro, village du Club Méditerranée de son cousin Stéphane, en Italie du Sud. Alors qu'il plonge avec une sinusite, il est victime d'un accident de plongée (un barotraumatisme) et doit être évacué vers l'hôpital à Marseille où le médecin lui annonce qu'il ne pourra plus faire de la plongée et brise son rêve d'être delphinologue (rêve illustré dans le film par le héros Jacques qui considère que les dauphins forment sa véritable famille et abandonne son amoureuse enceinte)[5]. De retour à Palinuro, il fait connaissance avec un cinéaste italien, Victor de Sanctis, qui présente au village le documentaire Jacques Mayol, l’homme dauphin, alors que le plongeur français vient d'établir un record en apnée à moins 92 mètres. Bouleversé par cette projection, il souhaite raconter la vie de Mayol, qu'il rencontre finalement en 1983 à Marseille[6].

Après Subway, Luc Besson écrit plusieurs ébauches du script. Il présente son travail à l'acteur américain Warren Beatty, qui est alors le compagnon d'Isabelle Adjani qu'il vient de diriger dans Subway[7]. Beatty insiste pour produire le film alors que de son côté, Luc Besson est en discussion avec Gaumont. L'Américain lui suggère de retravailler le script avec la scénariste Marilyn Goldin[7]. À la suite d'un quiproquo avec l'agent d'Isabelle Adjani, Warren Beatty conclut un accord pour produire le film avec la Fox pour 500 000 dollars et il faut de longues négociations pour rompre ce « contrat »[8]. Luc Besson collabore ensuite avec le scénariste américain Robert Garland pour améliorer son script[9]. Mais il n'est toujours pas satisfait des nouvelles versions. Patrice Ledoux alors directeur général de Gaumont lui suggère alors de faire appel à Francis Veber comme script doctor. Ce dernier permet ainsi de mieux structurer le scénario[10].

Jacques Mayol officie comme consultant sur le film. Lors de la présentation du film au festival de Cannes 1988, il explique qu'il n'a cependant pas directement participé au scénario, bien qu'il soit crédité comme tel au générique. Mayol précise qu'il a seulement suivi le développement du scénario sans trop s'en mêler[11].

En raison de l'imposant budget 70 millions de francs, un record pour un film français à l'époque , la décision est prise de tourner en anglais. Cela « refroidit » les investisseurs français, notamment les chaines de télévision. Mais Nicolas Seydoux, PDG de Gaumont, croit au film et son appui permet de convaincre les financiers[10].

Attribution des rôles

Jean Reno, qui a tourné dans les deux précédents films du cinéaste, est le premier engagé[12].

Pour le rôle féminin principal, Luc Besson flashe sur Rosanna Arquette qu'il vient de voir dans Recherche Susan désespérément (1985) de Susan Seidelman. Malgré l'avis de son agent, l'actrice a alors envie de quitter Hollywood et rêve de passer plusieurs mois en Europe[13].

Pour incarner Jacques Mayol, le premier choix de Luc Besson est Christophe Lambert, qu'il vient de diriger dans Subway, mais, ce dernier décline l'offre par peur d'être catalogué comme l'acteur des animaux : après avoir joué le rôle de l'homme-singe dans Greystoke, la légende de Tarzan, il ne veut pas incarner l'homme-poisson[14]. Luc Besson envisage alors Gérard Lanvin, rencontré quelques années plus tôt ; mais après des hésitations, l'acteur préfère décliner[15]. Les Américains Mel Gibson et Mickey Rourke sont brièvement envisagés[16]. Désespéré à l'idée de trouver l'interprète du rôle, Luc Besson songe même un temps à tenir lui-même le rôle après une suggestion de Rosanna Arquette[17]. Finalement, à quelques semaines du début du tournage, il découvre Jean-Marc Barr, alors inconnu du grand public, lors d'auditions à Londres[18],[19]. L'acteur a pour lui d'avoir un peu d'expérience dans le monde de la plongée et « une tête d'éternel adolescent au sourire figé », ce qui fait craquer la vingtaine de jeunes femmes de la Gaumont qui le découvrent lors du screen-test projeté par Besson[19].

Luc Besson fait une apparition dans le film, dans le rôle d'un plongeur. Par ailleurs, pour incarner Jaques Mayol jeune, il choisit son demi-frère Bruce (second fils de sa mère)[20]. Pour le rôle du père de Jacques, Luc Besson songe au rival de Jacques Mayol, Enzo Maiorca, mais ce dernier refuse tout contact avec la production. Le réalisateur-scénariste confie finalement le rôle à son propre père, Claude, qui possède une bonne expérience de la plongée[21].

Il s'agit, par ailleurs, du dernier film de l'acteur Paul Shenar, qui meurt l'année suivant la sortie du film. C'est également l'un des derniers films de Jean Bouise, lui aussi décédé en 1989, juste après le tournage de Nikita.

Tournage

Jean Reno et Jean-Marc Barr s'entraînent énormément à plonger et à rester en apnée. Ils descendent même jusqu'à une trentaine de mètres en se défiant régulièrement l'un l'autre. Jean Reno frôle même la syncope[22],[11].

Deux caméras sous-marines sont spécifiquement construites dans le sud de la France avec les équipes de Christian Pétron[23]. Seule une est prête pour le début du tournage, le [24]. Les prises de vues débutent sur la Côte d'Azur notamment autour de Port-Cros à partir de l'ancien gentleman motor boat Bogata[22]. Quelques plans ont lieu à Marseille pour la séquence dans la capsule de la plateforme pétrolière[22]. Le tournage se poursuit en Sicile notamment à Taormine[25]. L'équipe remonte ensuite à Paris et sa banlieue (piscine municipale de Maisons-Laffitte et les studios d'Épinay)[26],[27],[22].

Des scènes sont ensuite tournées à New York[28]. Le tournage se poursuit en Grèce, notamment sur l'île d'Ios où Luc Besson a passé une partie de son enfance et sur d'autres îles des Cyclades comme Amorgós[20]. Après un bref retour sur la Côte d'Azur, une équipe réduite part pour les îles Vierges des États-Unis pour filmer des dauphins. Quelques plans sont également faits aux Bahamas[29]. Des scènes sont ensuite tournées au Pérou, notamment au Col de La Raya à 4 320 mètres d'altitude[30]. Des scènes sous-marines sont ensuite réalisées aux Maldives, en complément de plans tournés en Corse[31]. L'équipe se rend ensuite à Tignes pour les plans censés se dérouler sous la glace au Pérou. Le tournage se conclut dans une piscine de Val-d'Isère pour la scène où Jacques et Enzo boivent du champagne sous l'eau. Le tournage dure ainsi près de neuf mois[32].

Lieux de tournage[33],[22]
  • L'île d'Ios
    L'île d'Ios
  • Tignes
  • Presqu'île de Giens
    Presqu'île de Giens
  • Un train au col de La Raya
    Un train au col de La Raya
  • Le Marineland d'Antibes
    Le Marineland d'Antibes
  • Taormine
  • Amorgos
    Amorgos

Le tournage est une période particulière pour Luc Besson, car il est marqué par la naissance de son premier enfant, Juliette, le [34]. La petite fille subit plusieurs opérations et Luc Besson est très préoccupé par son état durant la production du film. Pour ces raisons, Gaumont songe un temps à le faire remplacer par Jean-Jacques Beineix[20]. Le film est d'ailleurs dédié à Juliette Besson.

Musique

Version originale d'Éric Serra

Le Grand Bleu
Bande originale de Éric Serra
Sortie Drapeau de la France 1988
Enregistré
Durée 55:29 - 31:03
Genre Electro
Synthétiseur
Label Virgin
Critique

Albums de Éric Serra

La bande originale du film est saluée par les critiques. Partout en Europe, et particulièrement en France, elle obtient un très grand succès qui se répercute également à l'échelle planétaire. Cette bande originale s'est vendue à plus de trois millions de copies dans le monde, dont deux millions en France. L'album est certifié disque d'or, platine et diamant dans plusieurs pays. Cette bande originale contient la première interprétation vocale d'Éric Serra sur la chanson My Lady Blue, qu'il a composée avec Luc Besson. Pour ce film, Serra remporte en 1989 une Victoires de la musique, le César de la meilleure musique originale et le Grand Prix de la réalisation audiovisuelle de la SACEM[35],[36].

La musique du film est rejouée en direct par Éric Serra entouré de six musiciens lors d'un ciné-concert à La Seine musicale les et , à l'occasion de l'anniversaire des 30 ans de la première présentation du film[37].

  • Volume 1
  1. The Big Blue Overture
  2. Deep Blue Dream
  3. Sailing to Death
  4. Rescue in a Wreck
  5. La Raya
  6. Huacracocha
  7. Water Works
  8. Between the Sky-Scrapers
  9. Remembering a Heart Beat
  10. Spaghetti Del Mar
  11. Let Them Try (inst)
  12. Synchronised Instant
  13. Homo Delphinus
  14. The Monastery of Amorgós
  15. Much Better Down There
  16. Cruise of the Dolphin Tribe
  17. Second Dive
  18. Leaving the World Behind
  19. My Lady Blue (interprété par Éric Serra)
  • Volume 2
  1. Let Them Try
  2. A Walk in Taormina
  3. Watergames
  4. Fatal Dive
  5. Platform
  6. Leaving Peru
  7. Virgin Islands
  8. Strange Feelings
  9. Sicilia
  10. Such a Family
  11. The Third Dive
  12. Do you like this Place
  13. For Enzo
  14. Leaving the World Behind

Version américaine de Bill Conti

The Big Blue
Bande originale de Bill Conti
Sortie 1988
2004 (réédition)
Genre musique de film
Compositeur Bill Conti

Albums de Bill Conti

Le distributeur américain du film décide de remplacer la musique d'Éric Serra par une autre. C'est Bill Conti qui se charge donc de la musique pour la version américaine du film[38].

Liste des titres[39]
  1. Main Theme
  2. Call of the Deep
  3. Danger Below
  4. Caribbean
  5. Plans
  6. A Tender Moment
  7. Love in the Moonlight
  8. Don't Worry
  9. Interlude
  10. Sadness
  11. Love Theme
  12. Fun in the Sun
  13. The Dive
  14. Under the Sea
  15. The Next Day
  16. Playful Love
  17. Serious Love
  18. Love on the Piano
  19. Choral Love
  20. Back to the Sea
  21. Last Dive
  22. Finale

Accueil

Critiques

Le Grand Bleu est dans un premier temps mal accueilli par la critique pour son scénario considéré comme enfantin ou simpliste et pour son esthétique de clip vidéo, et le film est en partie sifflé lors de la présentation au festival de Cannes 1988[6]. Luc Besson en garde une certaine rancune ; Jean-Hugues Anglade, son acteur dans Subway, déclare plus tard à ce sujet : « Dès Le Grand Bleu, Luc souffrait de ne pas être reconnu par la critique »[40]. Par ailleurs, Luc Besson avoue, en 2014, les graves problèmes de santé de sa fille Juliette au moment de la présentation du film à Cannes : « Le film était présenté à Cannes le . Dix jours avant l’opération de Juliette, nous avions rendez-vous avec le chirurgien. Je le vois encore prendre son agenda, le feuilleter et nous dire : “Est-ce que le 11 mai ça vous va ?” Je n’ai pas osé dire non, c’était ma fille d’abord. Quand je lui ai raconté les raisons de mon angoisse, il a repoussé l'intervention de deux jours. Je me suis donc retrouvé à me faire flinguer avec Le Grand Bleu le 11 et, deux jours plus tard, je passais sept heures dans une salle d’attente pour savoir si ma fille allait survivre, être guérie. Le reste n’avait plus vraiment d’importance. Et curieusement, quand Juliette est allée mieux, le film s’est mis à marcher[41] ».

À sa sortie, le film obtient des critiques favorables, comme celle d'Iannis Katsahnias qui écrit notamment, dans les Cahiers du cinéma : « Luc Besson ne prend pas le risque de vouloir en mettre plein la vue au spectateur. Il préfère varier le bleu (…), fabriquant un matelas profond sur lequel le spectateur pourra rêver »[42]. Robert Chazal, pour France-Soir, remarque que « tout est exceptionnel dans ce beau film »[42]. Dans Le Monde, Michel Braudeau pense que, « très beau, inclassable et déconcertant, Le Grand Bleu se penche autant sur l'amour des dauphins que sur le vertige intérieur de son plongeur métaphysique »[42].

Réaction d'Enzo Maiorca

L'apnéiste Enzo Maiorca, dont le rôle est interprété par Jean Reno, n'apprécie pas le film et entame une procédure en diffamation contre Besson, ce qui bloque la diffusion du film en Italie pendant quatorze ans[43]. Le film est finalement distribué en 2002, dans une version abrégée. Parmi les scènes coupées, figure celle où Enzo Molinari se fait payer pour sauver la vie d'un homme en train de se noyer, ainsi que le rôle caricatural de sa mère, la « mama » sicilienne cuisinant la « pasta » et très antipathique au premier abord[44],[41].

Box-office

Le Grand Bleu est un succès public considérable en France (9,2 millions de spectateurs) et un échec ailleurs. C'est le meilleur film au box-office français en 1988[45] et il est l'un des plus grands succès commerciaux de la décennie en France[46]. Il devient alors l'un des plus gros succès de l'histoire du cinéma français, notamment auprès des adolescents.

Le film est projeté dans une version gonflée en 70 mm au Kinopanorama[47].

En , Luc Besson peut sortir en salles une version longue de son film rallongée de 35 minutes par rapport à l'originale, tout en se permettant d'inscrire sur l'affiche l'accroche suivante : « N'y allez pas, ça dure trois heures ! »[48].

Pays Nombre d'entrées
Drapeau de la France France 9 195 742[49],[50]
Drapeau de l'Allemagne Allemagne 875 956[51]
Drapeau des États-Unis États-Unis 871 000[52]
Drapeau de l'Espagne Espagne 196 847[53]
Drapeau du Québec Québec 142 108[54],[55]
Drapeau de la Corée du Sud Corée du Sud 114 353[56]
Drapeau de l'Italie Italie 98 453[57]
Drapeau du Danemark Danemark 62 996[58]
Drapeau de la Suède Suède 49 198[59]
Drapeau de la Suisse Suisse 21 971[60]
Drapeau de la Roumanie Roumanie 150[61]
Monde Total hors France 2 433 032 entrées
Monde Total monde 11 628 774 entrées

Note : Liste non exhaustive[62].

Distinctions

Entre 1988 et 2018, Le Grand Bleu a été sélectionné 11 fois dans diverses catégories et a remporté 3 récompenses[63],[64].

Récompenses

  • César 1989 :
    • César de la meilleure musique écrite pour un film pour Éric Serra
    • César du meilleur son décerné pour Pierre Befve, Gérard Lamps et François Groult
  • Prix de l'Académie nationale du cinéma 1989 : prix de l'Académie pour Luc Besson

Nominations

Sélections

Commentaires

Joséphine

Le dauphin Joséphine, héroïne du film, est mort à l'âge estimé de 32 ans[65], le , « des suites d'une maladie rénale associée à son âge très avancé ». Elle avait été capturée aux États-Unis, en 1979, pour le parc marin d'Antibes. Joséphine s'était rendue célèbre en tournant « les scènes les plus techniquement difficiles » du film. C'est elle, notamment, qui vient chercher l'acteur Jean-Marc Barr dans les profondeurs de la mer dans la scène finale[66].

Le record

Le record de Jacques Mayol de 105 mètres établi en 1983 (120 mètres dans le film), considéré par les médecins dans le film comme une limite absolue, sera par la suite pulvérisé : en 2007, le record d'apnée no limit est poussé à 214 mètres par Herbert Nitsch.

Réactions de Jean-Marc Barr et Jacques Mayol

Luc Besson choisit l'acteur Jean-Marc Barr dans un but précis, « fabriquer une icône » et une nouvelle image du romantisme, mais ce dernier rejette ce film qui l'a propulsé selon ses propres mots en « icône et objet de masturbation pour jeunes filles[67] ». En froid avec Luc Besson, l'acteur n'a jamais vu le film en entier et a senti la nécessité de « détruire un peu le mythe du Grand Bleu[68] ».

Submergé par le succès du film qui s'écarte de la philosophie de Jacques Mayol[68], l'apnéiste, qui s'est suicidé en 2001, a souffert plus que jamais de la solitude : « J’ai été témoin de la souffrance et de la frustration que lui a causé la popularité du film. Quand un être humain se voit dépossédé de son histoire et de la magie qu’il a créée, c’est une petite tragédie », explique Jean-Marc Barr[69].

Autres versions du film

Version américaine

La version américaine du film comprend une fin différente des versions européenne et française. En effet, une scène a été rajoutée afin de rendre cette fin plus heureuse – le dauphin ramène Jacques à la surface[70]. D'autre part, une autre musique a été composée par Bill Conti pour remplacer la bande originale d'Éric Serra.

Version longue (Director's cut)

En 1989, le film sort dans une version comportant 35 minutes supplémentaires. Tandis que la version d'origine se centre sur le championnat de plongée en apnée ainsi que sur la relation à la fois amicale et rivale entre Jacques et Enzo, le Director's Cut donne davantage d'importance à l'histoire d'amour entre Jacques et Johana, mettant Enzo un peu en recul. Cette version est d'abord éditée en VHS et en Laserdisc, puis en DVD en 2001 et en Blu-Ray en 2009.

Scènes supplémentaires par rapport à la première version :

  • Johana passe la nuit à parler de Jacques à sa colocataire Carol dans leur appartement new yorkais. Elle précise notamment que Jacques est américain par sa mère.
  • Lorsque Jacques va sur le balcon après avoir fait l'amour avec Johana, il aperçoit un dauphin puis plonge pour le rejoindre. Il tente de toucher le mammifère chaque fois que celui-ci fait un saut (reproduisant la célèbre photo ornant l'affiche du film). Johana arrive à son tour et attend que Jacques sorte de l'eau. Ce dernier met fin à sa baignade au petit matin. À ce moment-là, Johana lui affirme qu'elle va repartir à New York.
  • Attristé par le départ de Johana, Jacques rend visite à Enzo qui a dormi en combinaison de plongée. L'italien propose au français de l'emmener sur une plate-forme pétrolière où Enzo a été appelé pour un travail. Arrivés sur place, les deux hommes embarquent dans une capsule sous-marine qui est larguée vers le fond. Une fois arrivée en profondeur, une surdose d'hélium entraîne un changement de voix des personnages. Puis Enzo donne un peu d'alcool à Jacques en faisant tremper son doigt dans la bouteille pour qu'il puisse en consommer. Les deux hommes deviennent ivres, enfilent des scaphandres, descendent dans l'eau puis se mettent à valser en chantant l'air du Beau Danube bleu.
  • À New York, Johana se laisse aller au point de décevoir Carol. Par la suite, Duffy, qui a compris que Johana lui avait menti pour expliquer son séjour en Sicile, licencie la jeune femme mais lui souhaite bonne chance dans sa vie amoureuse.
  • Johana téléphone à Jacques pour renouer le contact, réalisant qu'elle ne peut pas se passer de lui. La jeune américaine arrive à la gare de la Côte d'Azur où elle retrouve Jacques. Puis les deux tourtereaux s'installent à l'hôtel Carlton et passent une longue nuit d'amour. Durant ce moment, Jacques est victime d'hallucinations.
  • Lors du déjeuner, l'oncle Louis fait connaissance avec Johana.
  • Pendant que l'oncle Louis se dispute avec le poissonnier du port à propos de la marchandise, Enzo arrive en bateau puis présente Bonita, sa nouvelle conquête.
  • La scène de l'apéritif entre l'oncle Louis et Enzo a été non seulement déplacée (elle fut insérée après la victoire d'Enzo dans la version cinéma) mais aussi enrichie. Le champion italien se moque du vieil homme et de sa surdité. Par la suite, Jacques reçoit la visite du Dr Laurence et le présente à Enzo.
  • En se refaisant une beauté dans les toilettes, Bonita et Johana discutent ensemble. Bonita émet à Johana l'idée d'avoir un bébé.
  • Une cérémonie de remise de trophée en l'honneur d'Enzo dans laquelle Novelli fait un discours, précisant notamment qu'il serait dangereux de battre le record du champion. Pendant ce temps, Enzo fait signe à son frère de mettre des tranches de jambon dans un sandwich.

Erreurs

On peut relever trois faux-raccords dans le film[71] :

  • Au début du film, Enzo prétend avoir atteint un record de 110 mètres en plongée en apnée. Plus tard, lorsque Jacques plonge la première fois lors du championnat, il récupère une étiquette indiquant 108 mètres, refait surface puis devient le nouveau champion alors que son record est inférieur à celui d'Enzo.
  • Lorsque le plongeur aux cheveux longs plonge à son tour, il ne porte pas de pince-nez. Sur le plan suivant, on le voit descendre vers le fond avec un pince-nez bien en place sur ses narines.
  • Lorsque Jacques replonge pour envoyer le corps d'Enzo mort au fond de la mer, on peut apercevoir sur le gros plan que la doublure de Jean Reno se bouche le nez.

Notes et références

Notes

  1. Nom inspiré d'Enzo Maiorca. Selon Luc Besson dans son autobiographie Enfant terrible, il n'a pas réussi à avoir l'accord du plongeur italien et a donc créé un personnage totalement fictif (p.400).
  2. Ne parlant pas le français, Rosanna Arquette est doublée par la comédienne Julie Dassin. Cette dernière lui impose tout de même un fort accent américain pour bien faire distinguer la nationalité du personnage.

Références

  1. « Budget du film Le Grand Bleu », sur JP box-office.com (consulté le ).
  2. (en) « Le Grand Bleu - Spécifications techniques » sur l’Internet Movie Database (consulté le ).
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Annexes

Articles connexes

  • Apnée No Limit
  • Cinéma du look
  • Enzo Maiorca
  • Jacques Mayol

Bibliographie

Documentation

Liens externes