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Le Corniaud
Description de cette image, également commentée ci-après
Logo du film, avec le Youkounkoun, lors de la ressortie en 2015, à l'occasion de son cinquantième anniversaire.
Réalisation Gérard Oury
Scénario Gérard Oury
Marcel Jullian
Dialogues :
Georges Tabet
André Tabet
Musique Georges Delerue
Acteurs principaux
Sociétés de production Les Films Corona (France)
Explorer Film '58 (Italie)
Pays de production Drapeau de la France France
Drapeau de l'Italie Italie
Genre Comédie
Durée 105 minutes
Sortie 1965

Pour plus de détails, voir Fiche technique et Distribution

La Cadillac DeVille convertible de 1964 avec Louis de Funès et Bourvil, lors du tournage en Italie.

Le Corniaud est un film comique franco-italien réalisé par Gérard Oury, sorti en 1965. Le tournage dont l'action principale se déroule en Italie, a lieu du au . Le film sort en France le et dès sa sortie, rencontre un grand succès puisqu'il finit en tête du box-office français de l'année 1965 avec 11 739 783 entrées. La popularité du Corniaud lui permet de devenir film culte du cinéma français et il reste régulièrement diffusé à la télévision française.

Le scénario s'inspire d'un des épisodes du démantèlement de la « French Connection » au début des années 1960, l'affaire Jacques Angelvin, lorsqu'un présentateur de la télévision française est arrêté aux États-Unis en 1962 au volant d'une Buick Invicta provenant de France et dans laquelle plus de cinquante kilogrammes d'héroïne pure ont été dissimulés et qui clame son innocence, prétendant avoir été dupé. Antoine Maréchal, le « corniaud » du titre qui se révèle finalement moins naïf qu'il n'y paraît, est interprété par Bourvil, alors à l'apogée de sa carrière, tandis que Léopold Saroyan, le gangster, est joué par Louis de Funès, lequel à cette époque, connaît une fulgurante ascension de sa popularité, notamment depuis les sorties des films Le Gendarme de Saint-Tropez et Fantômas en et .

Synopsis

Le dessin de la Cadillac DeVille signé Sa... Sa... Saroyan, avec les emplacements des diamants et des rubis dans la batterie, la schnouff dans les ailes arrière et l'or maquillé de chrome constituant les pare-chocs avant et arrière. Seul le Yukunkun, caché dans le bouton du Klaxon au milieu du volant, ne figure pas sur le schéma. Il est indiqué de l'index par Léopold Saroyan au début du film, sans que le spectateur ne voie l'emplacement.

Alors qu'elle n'a parcouru que quelques dizaines de mètres sur le chemin de ses vacances estivales vers l'Italie, la 2CV bleue d'Antoine Maréchal se disloque, percutée en plein Paris par la Rolls Royce de Léopold Saroyan, directeur d'une maison d'import-export. D'abord de mauvaise foi, celui-ci reconnaît ses torts et offre à Maréchal la possibilité de poursuivre, tous frais compris, son voyage au volant de la superbe Cadillac décapotable d'un de ses clients américains. Ce dernier devra ainsi conduire le véhicule (qui arrive de Beyrouth) de Naples à Bordeaux (où il est prévu qu'il soit embarqué pour les États-Unis).

Au port de Naples sur le tournage en Italie, Louis de Funès, Jean Droze et Jacques Ferrière.

Séduit par la proposition, Maréchal ne se doute pas que Saroyan est en réalité le parrain d'un syndicat de gangsters et qu'il a truffé la Cadillac de produits illégaux : héroïne dans les ailes arrière de la voiture, or dissimulé dans les pare-chocs, des pierres précieuses cachées dans la batterie et le Youkounkoun[note 1], « le plus gros diamant du monde », récemment volé. Saroyan espère bien que sa « mule » pourra assurer le transport, y compris devant les douanes. Voici donc le naïf Maréchal sur les routes d'Italie puis du sud de la France, ignorant tout de sa précieuse cargaison et ne remarquant pas que le malfaiteur le suit à distance pour veiller sur la marchandise, qui est également convoitée par une bande rivale menée par Mickey dit « le bègue ».

En Italie, Antoine Maréchal (Bourvil) teste pour la première fois, son téléphone de voiture.

Après une traversée de l'Italie marquée par des incidents, Maréchal arrive à la frontière et va découvrir la vérité sur la voiture et comprendre qu'il a été pris pour un « corniaud ». Il se vengera à sa façon lors d'une halte à Carcassonne tout en continuant d'emmener la voiture à Bordeaux où il découvrira la cachette du Youkounkoun : le klaxon de la voiture, qui connaissait plusieurs dysfonctionnements depuis le début du voyage.

Le poste de douane de Menton rendu célèbre par le film dans lequel Antoine Maréchal (Bourvil) croise Léopold Saroyan (Louis de Funès) et ses sbires lors du désossement de la Jaguar de Saroyan par les douaniers.


Fiche technique

  • Titre original français : Le Corniaud
  • Titre italien : Colpo grosso ma non troppo
  • Titre espagnol : El hombre del Cadillac
  • Titre anglais : The Sucker
  • Réalisation : Gérard Oury
  • Assistants réalisateurs : Serge Vallin, Giorgio Stegani, Gérard Guérin
  • Scénario et adaptation : Gérard Oury, Marcel Jullian
  • Dialogues : Georges Tabet et André Tabet
  • Décors : Francesco Siarletta et Robert Giordanni
  • Costumes : Tanine Autré
  • Photographie : Henri Decaë
    • Vladimir Ivanov, Alain Douarinou pour la seconde équipe
  • Son : Antoine Bonfanti
  • Régisseur général : Jean Pieuchot, Roberto Cocco, Gaetano Amata (de)
  • Montage : Albert Jurgenson, Laurence Leininger, Étiennette Muse
  • Coordinateur des combats et des cascades : Claude Carliez et son équipe
  • Musique : Georges Delerue
  • Production : Robert Dorfmann
    • Directeurs de production : Yves Laplanche, Enzo Provenzale, Jacques Juranville
  • Sociétés de production : Les Films Corona (France), Explorer Film '58 (Italie)
  • Sociétés de distribution : Valoria Films
  • Pays d'origine : Drapeau de la France France, Drapeau de l'Italie Italie
  • Attaché de presse : Richard Balducci
  • Budget : 5,3 millions de francs[1] (soit environ 8 millions d'euros en 2022[2])
  • Studio : Studios de la Victorine
  • Langues originales : français avec quelques séquences en italien et en allemand
  • Genre : comédie, road movie
  • Format : couleur (Eastmancolor) - 35 mm - 2,35:1 - Son mono
  • Durée : 117 minutes (soit 3 182 métrages)[3]
  • Dates de sortie :

Distribution

  • Bourvil : Antoine Maréchal
  • Louis de Funès : Léopold Saroyan
  • Venantino Venantini : Mickey dit « le bègue », dit « la souris »
  • Jacques Ferrière : le chauffeur de Saroyan
  • Jean Droze : le porte-flingue de Saroyan
  • Beba Loncar : Ursula, l'auto-stoppeuse
  • Alida Chelli : Gina, la manucure
  • Lando Buzzanca : Lino, le barbier
  • Henri Génès : Martial
  • Jacques Eyser : un truand, associé de Saroyan
  • Henri Virlogeux : un truand, associé de Saroyan
  • Jean Meyer : un truand, associé de Saroyan
  • Pierre Roussel : Mario Costa, le maitre d'hôtel
  • Guy Delorme : Luigi, complice de Mickey
  • Bob Lerick : Loulou, complice de Mickey
  • Jack Ary (crédité « Jacques Ary ») : le commissaire
  • Guy Grosso (crédité « Grosso ») : un douanier
  • Michel Modo (crédité « Modo ») : un douanier
  • Yvon Jeanclaude : un douanier
  • Nino Vingelli : Tagliella, le garagiste napolitain
  • Robert Duranton : l'athlète sous la douche
  • Jean-Marie Bon : le garagiste romain
  • Jean Minisini : un inspecteur à Carcassonne
  • Éric Vasberg : un inspecteur à Carcassonne
  • Annie Claparède : Suzanne, la serveuse du Café de France
  • Nicole Desailly : Madame Chenu, la concierge de Maréchal
  • Germaine de France : la vieille dame qui chante
  • Marius Gaidon : un policier à Bordeaux
  • Bernard Meunier : le secrétaire de Saroyan
  • Louis Viret
  • Walter Chiari
  • Michèle Morgan : elle-même (scène coupée)
  • André Hubert : cascadeur
  • Yvan Chiffre : cascadeur
  • André Louis : doublure de Bourvil
  • Bourvil
    Bourvil
  • Louis de Funès
    Louis de Funès
  • Venantino Venantini
    Venantino Venantini
  • Beba Loncar
    Beba Loncar
  • Alida Chelli
    Alida Chelli

Production

Genèse et développement

Gérard Oury, réalisateur comique ?

Photo en noir et blanc de deux hommes et une femme discutant à la terrasse d'un café.
Gérard Oury (à gauche) avec ses comédiens lors du tournage de son premier film, La Main chaude, en 1959.

Au début des années 1960, l'acteur Gérard Oury s'oriente vers la réalisation, après l'écriture de plusieurs scénarios[4]. Il avoue avoir changé de voie pour impressionner Michèle Morgan, avec qui il entretient une liaison alors secrète[5],[6]. Après deux films passés inaperçus, La Main chaude (1960) et La Menace (1961), il met en scène un film à sketches de genre policier, Le crime ne paie pas (1962)[7],[alpha 1],[8]. Bien qu'il s'agisse de drames, le quatrième sketch de ce dernier film comporte un rôle comique, tenu par son ami Louis de Funès, alors comédien de second plan[9]. À l'époque, déjà fort d'une centaine d'apparitions au cinéma, Louis de Funès est sollicité par des réalisateurs dramatiques pour « faire son numéro » le temps d'une scène, créer son « film dans le film »[alpha 1],[10]. Son passage ne prend qu'un jour de tournage, le [alpha 1],[9]. L'acteur expérimenté remarque le plaisir pris par Oury à tourner de la comédie, à voir un acteur provoquer le rire et à le diriger pour en améliorer l'effet[10].

Au cours du repas à la pause, Louis de Funès lui dit le voir plutôt derrière des comédies[10]. Il demande : « Mais quel film es-tu donc en train de faire ? Je te pose la question : crois-tu être un metteur en scène de films dramatiques ou réalistes ? Si c'est le cas, tu te fourres le doigt dans l'œil ! »[11],[12],[10]. Son argument est que le réalisateur s'est laissé rire de la scène : « Tu as ri, c'est très rare. — C'est rare un réalisateur qui rit ? — Exceptionnel même ! — S'il suffisait de se tordre pour être capable de faire rire les autres, où irions-nous ? — Vers un monde meilleur. Sais-tu que personne n'a jamais commis une mauvaise action en riant de bon cœur ? Quant à toi, tu es un auteur comique et tu ne parviendras à t'exprimer vraiment que lorsque tu auras admis cette vérité-là »[7],[11],[12],[10]. Oury cite cette déclaration comme un pas important dans sa décision de tourner des films comiques[11],[10],[note 2]. Il n'était, de toute manière, pas satisfait de sa situation : « Je suis assis le cul entre deux chaises : plus tout à fait acteur, pas encore metteur en scène consacré, ma carrière flottaille »[7].

Gérard Oury planche sur quelques synopsis de comédies à mettre en scène[6]. Son principal projet suivant est cependant un nouveau drame, tiré des aventures du HMS Fidelity pendant la Seconde Guerre mondiale et de son truculent lieutenant commander français (un rôle destiné à Yul Brynner)[7],[13],[14],[note 3]. Son ami Alain Poiré, de la Gaumont, accepte de le produire, après avoir financé sa deuxième réalisation[13]. Ce film intitulé Le Cargo de la colère n'est finalement jamais tourné[7],[13]. Ce projet avorté lui permet néanmoins de rencontrer Marcel Jullian, auteur d'un roman sur le sujet, qui demeure son partenaire d'écriture sur ses idées ultérieures[7],[13].

Un scénario tiré de l'affaire Angelvin

Photo en noir et blanc d'un homme d'une quarantaine d'années.
En 1962, le présentateur français Jacques Angelvin est arrêté à New York pour avoir transporté de l'héroïne dans une Buick Invicta truquée.

Un fait divers lié à la French Connection donne l'inspiration à Gérard Oury pour une comédie : l'arrestation à New York en d'un présentateur-vedette de la télévision française, Jacques Angelvin, par des agents du Bureau des narcotiques et des drogues dangereuses[alpha 2],[alpha 3],[alpha 4],[alpha 5]. En voyage d'agrément aux États-Unis, Angelvin a fait acheminer par paquebot depuis la France une Buick Invicta récemment acquise[15],[alpha 6],[alpha 5]. Après la filature et l'interpellation de trafiquants français et américano-italiens, la police détermine que la voiture a pu dissimuler, grâce à des caissons soudés dans les ailes, environ 52 kg d'héroïne, dont seulement une partie est retrouvée dans la ville[15],[alpha 6]. Le réseau comptait sur la célébrité de l'animateur de Paris-Club pour déjouer tout soupçon à la douane[alpha 5]. Angelvin clame son innocence en prétendant avoir été dupé[15],[alpha 5]. Condamné à entre trois et six ans de prison, il soutient avoir plaidé coupable uniquement pour bénéficier de la clémence des juges et abréger sa peine[alpha 7],[alpha 5],[note 4]. Sans forcément croire à la version d'Angelvin, Oury imagine le sujet d'une « mule » innocente, utilisée à son insu pour faire passer une frontière à une voiture cachant divers trafics[alpha 8],[note 5]. Le souvenir d'un voyage en Italie avec son épouse et François Reichenbach à bord d'une Chevrolet de location lui donne le cadre et des idées de péripéties[alpha 9],[alpha 10],[alpha 11]. Il envisage dès le début de confronter Bourvil à Louis de Funès, bâtissant les deux personnages sur leurs caractères habituels[alpha 12],[alpha 13].

Attribution des rôles

Dès le début, Gérard Oury sait à quels acteurs il fera appel pour les deux rôles principaux : Bourvil et Louis de Funès. Les deux acteurs s'étaient déjà côtoyés dans les films Poisson d'avril (1954), Les Hussards (1955) et La Traversée de Paris (1956) et ont envie de travailler à nouveau ensemble. Tandis que Bourvil est une vedette depuis près de dix ans, Louis de Funès, lui, commence à en devenir une : il est un second rôle remarqué et apprécié du public et, lorsque Oury prépare Le Corniaud, l'acteur tourne un film dont personne n'imagine alors le succès et qui le rendra définitivement célèbre, Le Gendarme de Saint-Tropez.

Louis de Funès, qui, sur le tournage du précédent film d'Oury, Le crime ne paie pas, lui avait dit « tu es un auteur comique, et tu ne parviendras à t'exprimer vraiment que lorsque tu auras admis cette vérité-là », accepte sa proposition sans hésiter. Bourvil apprécie beaucoup Gérard Oury et lui donne son accord sans même connaître l'histoire. Ils avaient joué ensemble dans le film Garou-Garou, le passe-muraille en 1950 et Bourvil, au cours d'une scène, giflait Oury ; ils s'étaient également vus sur le tournage du film Le Miroir à deux faces, où Oury était acteur et scénariste. Le cachet de Bourvil pour ce film est trois fois plus important que celui octroyé à de Funès[b 1].

Les auditions à Carcassonne sont annoncées par les journaux locaux et se déroulent sur la place Saint-Nazaire : 200 postulants s'y rendent pour décrocher un petit rôle dans Le Corniaud[16]. Annie Claparède, jeune Carcassonnaise de 16 ans, décroche le rôle succinct de la serveuse du Café de France[17]. Lors de son essai, Gérard Oury lui demande d'accentuer son accent[17]. Elle est payée 80 FRF et reste quinze jours sur le tournage ; chaque soir elle est ramenée chez elle à bord de la Cadillac du film[17]. Après le tournage, Gérard Oury lui propose de suivre l'équipe à Paris pour tenter une carrière d'actrice, disant d'elle qu'elle était une « petite Jeanne Moreau », mais ses parents ne veulent pas la laisser partir[17].

Tournage

Deux jours avant le début du tournage, le , un samedi soir, le fils de 16 ans du premier assistant « emprunte » la Jaguar verte que Louis de Funès devait utiliser et la détruit dans un accident. En conséquence, beaucoup des scènes de l'acteur ne pourront être filmées qu'après l'arrivée d'une voiture de rechange, « repeinte à toute vitesse de couleur verte », des jours plus tard [b 2],[18].

Après la projection des épreuves (rushes) des deux premières semaines de tournage, de Funès trouvant qu'il n'était pas assez présent à l'écran fera une « grève du masque »[b 3],[C 1] pendant près de 24 heures. Autrement dit, de Funès ne joue plus que ce qui est écrit et rien de plus[19]. Gérard Oury indique dans ses mémoires qu'il reconnaît dans le film l'endroit où de Funès effectue cette « grève », mais le réalisateur reste muet sur l'instant précis dans le film. Oury imagine alors pour de Funès la scène du garage et celle de la douche, où l'acteur compare sa musculature avec celle d'un « grand balèze », l'ex-catcheur Robert Duranton. L'idée lui est inspirée par une rencontre étonnante faite lors d'un voyage en Italie : « ... J'avais rencontré à Capri un couple étrange, lui : un homo maigrichon américain, ridaillé mais milliardaire, elle : un colossal biquet français culturiste ! L'opposition physique entre ces deux êtres dépassait les limites de la bouffonnerie[b 4] ».

La 2CV conduite par Bourvil qui se disloque lors de l'accident avec Louis de Funès était équipée de boulons explosifs afin qu'elle s'éparpille au moment voulu. Le spécialiste des effets spéciaux, Pierre Durin, avait scié le véhicule en 250 morceaux puis ré-assemblé le tout avec des crochets. De petits appareils électriques faisaient sauter les crochets solidarisant les morceaux au moment opportun[20],[21]. Cette scène, la dernière tournée, le sur la place Sainte-Geneviève à Paris[22], fut peut-être inspirée à Oury par sa rencontre cinématographique avec Bourvil sur le tournage du Miroir à deux faces. Dans ce film dramatique d'André Cayatte réalisé en 1958, Bourvil au volant de sa 2CV est percuté par Gérard Oury, acteur mais aussi coscénariste du film, au volant d'une grosse américaine. Dans Le Corniaud, le plan est particulièrement complexe, puisque la 2CV doit se désintégrer sous le choc avec la Rolls Royce, ce qui ne peut être filmé qu'une fois. Bourvil improvise la remarque « Elle va marcher beaucoup moins bien forcément » sur le moment, provoquant un fou rire chez de Funès, qui dut tourner la tête pour le cacher et ainsi ne pas gâcher cette prise si complexe.

  • La 2CV en lambeaux d'Antoine Maréchal, lors de l'exposition sur Louis de Funès à la Cinémathèque, en 2020
  • Les boulons explosifs servant à disloquer la 2CV prédécoupée, le récepteur de la télécommande et son relais.
    Les boulons explosifs servant à disloquer la 2CV prédécoupée, le récepteur de la télécommande et son relais.
  • Détonateur des boulons explosifs.
    Détonateur des boulons explosifs.

Lieux de tournage

Affiche pantalon japonaise du film.
Par pays[23]
  • Italie :
    • Naples. Bourvil prend en charge la Cadillac sur le lieu de la gare maritime du port ; il rejoint le centre historique depuis la Via Nuova Marina. Le garagiste vole un pare-chocs dans le Borgo Marinari où l'on vient profiter des restaurants d'un petit port de pêche situé au pied de Castel dell'Ovo. Tout près de là, dans le très huppé Hotel Vesuvio, loge Maréchal, qui repartira le lendemain en empruntant la route de bord de mer : la via Caracciolo, puis les hauteurs du Pausilippe.
    • Aire d'autoroute Teano-est, dans le sens Rome-Naples (actuelle autoroute A1), près de laquelle la voiture de Saroyan tombe en panne.
    • La « via Flacca » ou « strada statale 213 » dans le sud du Latium entre Sperlonga et Gaeta, où se trouve actuellement la discothèque « Il sombrero ». Il y a, sur ce tronçon, quatre tunnels. La scène de la batterie remplie de bijoux jetée à la mer a été tournée sur un parking situé entre les 2e et 3e tunnels.
    • Rome (à proximité du Colisée, du Vatican, du Château Saint-Ange...). Maréchal loge à l'hôtel Résidence Palace (actuel The Duke Hotel), au 69 via Archimede. Extérieurs devant le restaurant La Casina Valadier sur le Pincio[A 1].
    • Les jardins et les fontaines de la villa d'Este à Tivoli pour la scène de combats et d'échanges de tirs entre les hommes du bègue et ceux de Saroyan.
    • Sutri : scène où Lino, le coiffeur sicilien jaloux poursuit avec sa voiture Autobianchi Bianchina son amie Gina partie en compagnie de Maréchal, qui finalement prend en stop Ursula
    • San Gimignano par la Piazza della Cisterna
    • Pise
    • Toscane
  • France :
    • Bordeaux
    • Carcassonne et ses remparts[A 2]. Hôtel de la Cité, place Auguste Pierre Pont.
    • Menton, poste de douane du Pont Saint-Louis
    • Paris : rue et place Sainte-Geneviève, à vingt mètres du Panthéon (scène de l'accident de la 2 CV), rue Gaillon (extérieurs devant le restaurant Drouant, où Saroyan expose son plan)[A 3]
    • Paris : place de Rungis (XIIIe arrondissement) quand dans la dernière séquence (censée être à Bordeaux) la Cadillac s'encastre dans une vitrine
    • Versailles : rue de l'Indépendance-Américaine, dernier plan du film
    • La Motte : scène du passage à niveau, près de la gare de La Motte-Sainte-Roseline[A 4]
    • Le Dramont à Saint-Raphaël : scènes du camping et du bain de minuit d'Ursula sur la plage du débarquement[A 5]

Bande originale

Photo en noir et blanc d'un homme d'une cinquante d'années.
Georges Delerue, ici dans les années 1970, met en musique Le Corniaud.

Georges Delerue compose la bande originale du Corniaud[24],[25]. Il avait déjà mis en musique Le crime ne paie pas (1962) pour Gérard Oury[25]. Artiste prolifique et demandé, il est alors à la fois le compositeur attitré de la Nouvelle Vague et des films d'aventure de Philippe de Broca[26]. Il retrouve à nouveau Oury sur Le Cerveau (1968) et Louis de Funès dans Hibernatus (1969)[25].

Pour illustrer le voyage de ce touriste français en Italie, le réalisateur lui demande de pleinement s'inscrire dans l'époque[24]. Contrairement à son écriture habituelle, symphonique et intemporelle, Delerue doit donc s'adapter aux modes musicales du milieu des années 1960[24]. Le compositeur explore ainsi plusieurs pans du yéyé, touchant au twist, au slow et au madison, dans des thèmes ou des musiques d'ambiance[24]. Il emploie abondamment la guitare électrique[24]. La présence des gangsters rivaux est soulignée par un thème autant grotesque qu'inquiétant au saxophone baryton[26]. Le critique musical Stéphane Lerouge note que, malgré les modes, « son sens mélodique est bien présent tout comme, derrière une rythmique de variété, une inimitable écriture pour cordes », par exemple dans le morceau Le Départ de Naples[24]. Exception, le générique d'ouverture est une valse parisienne pour orchestre et accordéon[24].

Le film convoque également des musiques antérieures. Gérard Oury élabore un numéro musical pour Louis de Funès[24] : Saroyan répare lui-même en urgence la Cadillac dans un garage italien, au rythme effréné de la tarentelle La danza de Gioachino Rossini, arrangée par Ottorino Respighi pour le ballet La Boutique fantasque[27],[24]. À Carcassonne, la chanson Plaisir d'amour est utilisée comme signal, sifflé ou fredonné, entre Saroyan et Maréchal[28].

Un premier album 45 tours Le Corniaud, bande originale du film sort en 1965, édité par Barclay[29],[30]. Un single paraît également au Japon l'année suivante[29],[31]. Plusieurs thèmes font partie de la compilation Les plus belles musiques des films de Louis de Funès, publiée en 33 tours en 1988 et rééditée en CD en 1994, diffusée également en Allemagne[29],[32]. En 2002, la musique du Corniaud est publiée, avec celles écrites par Georges Auric pour La Grande Vadrouille et par Delerue pour Le Cerveau, sous le titre Bandes originales des films de Gérard Oury, dans la collection Écoutez le cinéma ! de Stéphane Lerouge[29],[24]. En 2014, quelques morceaux sont intégrés à la vaste compilation Louis de Funès, musiques de films, 1963-1982 de la collection Écoutez le cinéma ![29],[33].

Accueil

Promotion

Bourvil demandera que le nom de Louis de Funès soit placé en haut de l'affiche, à côté du sien. Des années plus tard, en 1976, Louis de Funès, reconnaissant de ce qu'a fait Bourvil pour lui, fait de même avec Coluche pour L'Aile ou la Cuisse.

Accueil critique

Les critiques du Masque et la Plume de France Inter méprisent le film. Michel Cournot pour qui « il n'y a pas de film. Il n'y a rien. Le type s'est amusé à aller planter sa caméra successivement dans un certain nombre d'endroits connus comme la Tour de Pise ou les jardins de Tivoli. Il a fait dans ce plan des singeries qui ne sont pas drôles (...) Un très petit acteur, Monsieur de Funès, fait beaucoup de singeries (...) Vraiment, c'est la nullité pour moi ». Pour Jean-Louis Bory « le scénario est imbécile et débile (...) ce film représente le vomi du cinéma français, se complaisant dans sa bassesse avec une satisfaction jubilarde[34] ».

Box-office

N° 1 au box-office en 1965 en France et énorme succès : 11 739 783 entrées[35].

Sorties à l'étranger

Une affiche de film en japonais.
Une autre affiche du film au Japon.

Le Corniaud est exploité à l'international[36]. Le film est projeté en Union soviétique en juillet lors du festival du film de Moscou (sous le titre Разиня) et en Grèce en septembre de la même année au cours du festival de Thessalonique[36]. Il sort ensuite en Belgique le Gand) sous le titre flamand De snul, en Espagne le Barcelone) titré El hombre del Cadillac, en Suède le nommé Den vilda jakten på Cadillacen, en Italie, pays coproducteur, le sous le titre Colpo grosso ma non troppo, au Danemark le titré Fjolset, en Allemagne de l'Ouest le nommé Scharfe Sachen für Monsieur puis Louis, das Schlitzohr (dans la lignée des déroutantes habitudes des distributeurs allemands), en Finlande le sous le titre Gangsteriralli, au Japon le intitulé 大追跡[37], au Portugal le Porto) nommé O Oportunista, au Royaume-Uni en , en Pologne le titré Gamoń, au Mexique le nommé El papanatas, aux États-Unis le New York) et en Turquie le sous le titre Belalı Tatil[36].

La façade d'un cinéma.
Le Corniaud à l'affiche d'un cinéma néerlandais en novembre 1965.

Le film connaît également des sorties en Allemagne de l'Est, en Argentine, au Brésil (O Trouxa), en Bulgarie (Глупакът), au Canada, en Croatie (Naivčina), en Estonie (Molutaja), en Grèce (Ένα έξυπνο κορόιδο ou Το κορόιδο), en Hongrie (Az ügyefogyott ou A fajankó), en Israël, en Norvège (Mannen som alltid ble lurt), aux Pays-Bas (De eend en de Cadillac), en Roumanie (Prostanacul), en Slovaquie (Smoliar), en Slovénie (Tepcek), en Ukraine (Роззява et en Yougoslavie (Naivcina en serbe)[36]. Le titre anglophone international est The Sucker[35],[36].

Selon le producteur Robert Dorfmann, à la sortie de La Grande Vadrouille en 1966, Le Corniaud réalise alors de très bons résultats dans les pays scandinaves, connaît une carrière très moyenne en Allemagne mais c'est un échec en Italie[38]. Il quitte rapidement l'affiche à Londres[35]. Après plusieurs années, le box-office est estimé à environ 1,4 million d'entrées en Italie[35], et s'élève à 1 545 858 entrées en Espagne[39] ainsi que 30,9 millions d'entrées en URSS[40].

Diffusions à la télévision

Le , pendant la période de confinement dû à la pandémie de Covid-19, le film est vu par 3,54 M de téléspectateurs[41].

Postérité

Les répliques du film sont devenues cultes. En premier lieu figure celle, improvisée, de Bourvil : « Maintenant, elle va marcher beaucoup moins bien forcément ». Celle-ci est aussi associée à l'image de Bourvil qu'une autre réplique provenant de La Grande Vadrouille - mais en réalité apocryphe - « Mon vélo ! On a volé mon vélo ! »

Ainsi, la réplique est reprise dans de nombreux films comme Taxi 2 (2000) et À toute épreuve (2014), ou encore à la télévision comme dans la version française de l'épisode 11 de la saison 2 de la série américaine NCIS : Enquêtes spéciales (elle est prononcée par Tony DiNozzo)[42]. Par ailleurs, dans le 33e album d'Astérix Le ciel lui tombe sur la tête, lorsque le vaisseau des Tadsylwiniens ordonne au Nagma de partir après avoir cassé son vaisseau : le chef Nagma dit « Oui, mais elle va moins bien marcher maintenant ! ». Une petite case dans le coin précise aux lecteurs la référence hommage au film.

En , une société de production française annonce la conversion en 3D du film et de La Grande Vadrouille, dans la foulée du succès d'Avatar[43],[44].

En 2022, l'association normande Les Amis de Bourvil organise une parade à travers sept villages du pays de Caux, terre natale du comédien, où sont rejouées des scènes du film[45].

Analyse

Louis de Funès rend hommage à Charlie Chaplin, qu'il admirait, dans la scène où il « emprunte » en pleine nuit l'atelier d'un garagiste (Jean-Marie Bon) pour réparer la Cadillac (à la 54e minute du film) sous les yeux médusés de celui-ci et de son fils. Il s'agit d'un clin d'œil évident aux Temps modernes et plus encore au Dictateur :

  • La musique est très proche de celle d'une scène du film de Chaplin : la pause déjeuner (1 h 1 min). Il s'agit ici d'une version instrumentale de La danza, une tarentelle extraite de La Boutique fantasque de Gioachino Rossini (arrangée par Ottorino Respighi).
  • De Funès est toujours en mouvement dans la scène, son bras ne peut s'empêcher de faire des gestes circulaires, ce qui parodie bien sûr le travail à la chaîne critiqué dans le film de Chaplin.
  • On peut remarquer à la fin de la scène (lorsque de Funès est debout sur la voiture) des rouages sur le côté : le plan est très proche de l'affiche des Temps modernes.

Cette scène du garage est encore plus proche de celle de la séance de rasage dans Le Dictateur où Chaplin rase un client au son de la cinquième des Danses hongroises de l'Allemand Brahms. Les deux « chorégraphies » sont très similaires par la coordination des gestes et de la musique.

Notons que par une étrange coïncidence, Louis de Funès tenait un rôle dans un film (Taxi, roulotte et corrida, 1958) où il était déjà question de faire passer une frontière avec un gros diamant caché notamment dans la poche de veste d’un corniaud (joué justement ici par... Louis de Funès !) à l’initiative de la complice d’une bande de voleurs de bijoux, complice qui elle aussi (comme Bourvil) se déplaçait dans une grosse voiture américaine. Des ingrédients que l’on retrouve, quoiqu’assemblés différemment, dans Le Corniaud.

Autour du film

Adaptations avortées américaine et française

Lors du festival de Cannes 1965, Gérard Oury et son producteur Robert Dorfmann se voient proposer par des producteurs américains de réaliser et produire un remake avec Dean Martin et Jack Lemmon[46]. Malgré une offre importante (un budget important, les salaires versés dans des comptes en Suisse et la promesse de produire deux autres films dans les cinq ans[47]), les deux Français ne donnent pas suite. Ces Américains n'avaient d'ailleurs pas vu le film au moment où ils proposaient d'en faire un remake.

Lors du festival de Cannes 2005 court une rumeur sur un nouveau projet de remake du film : Benoît Poelvoorde et Jamel Debbouze auraient donné leur accord pour tourner dans le film et reprendre respectivement les rôles de Bourvil et de Louis de Funès[46]. Produit par La Petite Reine[note 7] et StudioCanal, le film aurait été écrit par Franck Magnier et Alexandre Charlot et devait s'intituler On a encore volé le Youcouncoun[48]. Mais Gérard Oury annonce qu'il n'a jamais donné son accord à un tel projet et que celui-ci n'était « en aucun cas à l'ordre du jour »[49]. De plus, Jamel Debbouze dément en 2015 avoir été contacté pour un tel projet, dont il ne sait rien[50].

Suite de la collaboration Oury / Bourvil / de Funès

Lors du tournage à Carcassonne, Gérard Oury raconte aux deux acteurs une idée de film qu'il avait vendue au producteur Henry Deutschmeister quelques années auparavant : l'histoire de deux jumelles qui sauvent des aviateurs anglais pendant la Seconde Guerre mondiale et les conduisent en zone libre[16].

Des mois plus tard, Le Corniaud triomphant au box-office, le producteur Robert Dorfmann presse Gérard Oury de vite réfléchir à un prochain film - si possible un nouveau road movie comique - pour Bourvil et Louis de Funès. Oury écarte tout d'abord l'idée de donner une suite au film ; il ne veut pas « remettre les pieds dans les mêmes chaussures, si vernies soient-elles » (il ne réalisera d'ailleurs aucune suite de toute sa carrière)[51]. Il repense ensuite à l'idée des deux jumelles, qu'il propose à Dorfmann. Le producteur accepte le projet et récupère alors, moyennant finances, les droits du scénario auprès d'Henry Deutschmeister. Les personnages des deux jumelles sont transformés en hommes et Gérard Oury annonce son futur projet à Bourvil et Louis de Funès le . Le projet de La Grande Vadrouille est lancé. Gérard Oury écrit le scénario à nouveau avec Marcel Jullian mais également avec sa fille, Danièle Thompson. D'importants moyens sont mis en place pour La Grande Vadrouille, grâce à un gros budget ; pour l'amortir, le producteur vend le film aux gérants de salles avant même qu'il soit tourné. Le tournage se déroule beaucoup mieux que celui du Corniaud, même s'il est très long : il commence le et s'achève à la mi-octobre.

La Grande Vadrouille sort le et, à la stupeur de tous, attire 17 267 607 spectateurs au bout de sa première exploitation, battant non seulement le record du Corniaud mais aussi tous les autres films sortis en France avant lui. Il devient alors le plus grand succès cinématographique sur le territoire français, toutes nationalités confondues et le reste pendant plus de trente ans jusqu'à être dépassé par le blockbuster américain Titanic en 1998 au cinéma. Il demeure quand même le film français au plus grand nombre d'entrées, jusqu'à être également dépassé par la comédie française Bienvenue chez les Ch'tis en 2008.

Après ce deuxième succès pour son duo d'acteurs, Gérard Oury prévoit ses prochains films pour les quatre années à venir[52]. Il projette d'abord un film avec Bourvil et Jean-Paul Belmondo, Le Cerveau, une comédie inspirée de l'attaque du train postal Glasgow-Londres : le film sort en et réunit cinq millions de spectateurs. Puis vient une adaptation parodique de la pièce de théâtre Ruy Blas de Victor Hugo, qu'Oury avait jouée à la Comédie Française en 1960 : le film, alors intitulé Les Sombres Héros, est destiné à devenir le troisième film du duo Bourvil / de Funès, mais Bourvil meurt des suites d'un cancer le . C'est finalement l'acteur Yves Montand qui remplace Bourvil dans le rôle qui lui était dévolu. La Folie des grandeurs sort en et c'est, malgré l'absence de Bourvil, une réussite.

Gérard Oury décide ensuite de tourner un film avec Louis de Funès comme seule tête d'affiche, Les Aventures de Rabbi Jacob, qui sort en 1973 et c'est à son tour un succès. Il envisage ensuite Le Crocodile, un cinquième film avec Louis de Funès, dans lequel celui-ci jouerait un dictateur, mais le projet ne se concrétise jamais car l'acteur subit deux infarctus successifs en .

Divers

  • Dans sa chambre d'hôtel, Bourvil tient à la main un livre de science-fiction, il s'agit de Une Mouche nommée Drésa, de B.R. Bruss, Fleuve noir, coll. « Anticipation » no 239, 1964
  • Le rôle du garagiste Tagliella est souvent attribué à Saro Urzì alors qu'il est joué par l'acteur napolitain Nino Vingelli.
  • Durant la scène à la douane de Menton, on peut apercevoir Guy Grosso et Michel Modo en douaniers, un certain clin d’œil à la suite de leur collaboration durant le premier volet de la série des Gendarmes un an auparavant.
  • L'appareil photo du corniaud est un OPL Foca Focaflex.

Récompenses

  • Festival international du film de Moscou 1965 :
  • Prix du film étranger ayant le mieux servi la beauté de l'Italie, décerné par l'Agence nationale italienne du tourisme (en)[b 5]. Ce prix décerné annuellement est remis à Gérard Oury à Venise, sous la forme d'un chèque de 5 millions de lires et d'une plaque en or.

Notes et références

Notes

  1. Le nom est celui d'une localité guinéenne, Youkounkoun : voir Sophie Dulucq, « Vrai diamant… », sur Anthropophagie et Histoire, .
  2. Gérard Oury avait déjà coécrit une comédie : Babette s'en va-t-en guerre (1959) de Christian-Jaque[4].
  3. Gérard Oury, 1988 : « Un an auparavant, j'ai rencontré Marcel Jullian. Des copains officiers de marine m'avaient raconté une histoire incroyable mais vraie : celle du lieutenant de vaisseau Costa [en réalité Péri], né moitié corse, moitié viet. Entre 40 et 42, ce mec avait coulé plusieurs sous-marins allemands avant de disparaître corps et biens avec son navire-bordel camouflé en cargo. Je parle du sujet à Alain Poiré. Il accepte de le produire. J'apprends entre-temps qu'un bouquin existe, relatant l'aventure. L'auteur rapplique. Il s'appelle Marcel Jullian. Nous travaillons ensemble mais Le Cargo de la colère reste en rade »[13].
  4. Il est établi que l'homme de télévision a touché dix mille dollars pour le convoi de la drogue[alpha 4]. Jacques Angelvin est finalement libéré dès pour bonne conduite[15]. Après son retour en France, il raconte son expérience carcérale dans Mes prisons américaines, paru en 1968[alpha 7],[alpha 5].
  5. Gérard Oury, 1988 : « Influencé par l'affaire Angelvin, j'en ai rêvé de cette histoire. Ce présentateur croupit en prison à New York pour avoir emmené par bateau sa voiture américaine en Amérique. Cela a paru louche […] Ou alors le type ne savait rien. C'est ce qu'il prétend, ce corniaud ! »[13].
  6. 1 2 L'orthographe correcte du café est « Casina Valadier ».
  7. Il fut aussi annoncé dans les années 2000 que La Petite Reine allait produire un remake du film Fantômas d'André Hunebelle. Il devait être réalisé par Christophe Gans avec Jean Reno et José Garcia dans les rôles principaux mais le film ne vit jamais le jour.

Références bibliographiques

  1. 1 2 3 Chapeau 2004, p. 12.
  2. Alexandre Marchant, « La French Connection, entre mythes et réalités », Vingtième Siècle : Revue d'histoire, vol. 3, no 115, , p. 89-102 (ISSN 0294-1759, lire en ligne, consulté le ).
  3. Dicale 2009, p. 253.
  4. 1 2 Pierre Péan, Compromissions, Fayard, , 462 p. (ISBN 2213679312, lire en ligne), chap. 13 (« La French Connection »).
  5. 1 2 3 4 5 6 Alexandre Marchant, L'Impossible prohibition : Drogues et toxicomanie en France 1945-2017, Perrin, , 563 p. (ISBN 9782262077419, lire en ligne).
  6. 1 2 Charles Gillard, Échec aux rois de la drogue, Buchet-Chastel, , 392 p. (lire en ligne), chap. XI La « Belle Américaine » de Jacques Angelvin »).
  7. 1 2 Jacques Angelvin, Mes prisons américaines, Plon, , 287 p.
  8. Dicale 2009, p. 254.
  9. Oury 1989, p. 173.
  10. Michel Aubriant, « Ça ne vous étonne pas un peu le triomphe de votre Corniaud », Paris-Presse, , in Articles assemblés par Marcelle Oury.
  11. Thompson et Jean-Pierre Lavoignat 2019, p. 65.
  12. Oury 1989, p. 212.
  13. Chapeau 2004, p. 13.
  1. p. 230.
  2. Oury 1988, p. 223.
  3. Oury 1988, p. 225.
  4. 1 2 Mémoires d'éléphant, p. 225.
  5. Oury 2001, p. 202–203.
  1. de Funès et de Funès 2005, p. 144 :
    « J'ai lu plus tard que mon père, un temps, se serait livré à une sorte de grève sur le tournage [...]. C'est inexact : il avait bien trop de conscience professionnelle pour cela. [...] En réalité, durant cette très courte période de froid, il ne joua plus que ce qui était écrit [...] sans plus chercher à inventer ni improviser »
    .

Références issues du site Autour de Louis de Funès.fr :

Autres références

  1. Dicale 2009, p. 263.
  2. Chiffres de l'inflation en France d'après l'INSEE. Coefficient de transformation de l'euro ou du franc d'une année, en euro ou en franc d'une autre année – Base 1998 et Base 2015. Dernière mise à jour à l'indice de 2022.
  3. « Le Corniaud » sur le site du CNC.
  4. 1 2 Chapeau 2004, p. 10.
  5. Chapeau 2004, p. 11.
  6. 1 2 Dicale 2009, p. 253.
  7. 1 2 3 4 5 6 Gilles Botineau, « Le Corniaud : Pas si Koun-Koun qu'ils en ont l'air ! », sur CineComedies, (consulté le ).
  8. Dicale 2009, p. 188.
  9. 1 2 Dicale 2009, p. 189.
  10. 1 2 3 4 5 6 Dicale 2009, p. 190.
  11. 1 2 3 Oury 1989.
  12. 1 2 Chapeau 2004, p. 12.
  13. 1 2 3 4 5 6 Oury 1989, p. 220.
  14. Oury 2001, p. 185.
  15. 1 2 3 4 « L'héroïne marseillaise tombe à New York », sur lemonde.fr, Le Monde, (consulté le ).
  16. 1 2 Loubier 2014.
  17. 1 2 3 4 Martial Andrieu, « Novembre 1964, on tourne Le Corniaud dans la Cité », sur Blog Musique & Patrimoine, L'Indépendant, (consulté le ).
  18. [vidéo] Bourvil, Louis de Funès et Gérard Oury à propos du film Le Corniaud sur YouTube.
  19. Anne Audigier, « Quand Louis de Funès fait une crise de jalousie à Gérard Oury à propos de Bourvil », sur franceinter.fr, (consulté le ).
  20. www.telestar.fr François Coulaud, Le corniaud les secrets de la scène culte, 19 décembre 2016 (consulté le 3 janvier 2017).
  21. Nathalie Chuc, L'histoire vraie du Corniaud 28 décembre 2012 sur Le Figaro.
  22. Le Corniaud - Tournage de la scène de l'accident (1964).
  23. Le Corniaud sur L2TC.com.
  24. 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 (en) Georges Delerue / Georges Auric – Le Corniaud / La Grande Vadrouille / Le Cerveau, bandes originales des films de Gérard Oury sur Discogs, 2002, Écoutez le cinéma !.
  25. 1 2 3 « Cinezik – Panorama BO #16 : Louis de Funès en musique ! », sur cinezik.org, (consulté le ).
  26. 1 2 Julien Mazaudier, « Georges Delerue (1925-1992) », 50 Maîtres de la Musique de Film, sur underscores.fr, (consulté le ).
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  32. (en) Les plus belles musiques des films de Louis de Funès sur Discogs, 1994, Hortensia.
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  37. (ja) « 大追跡 », sur kinenote.com (consulté le ).
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  42. Les références ciné de Tony sur www.ncis.hypnoweb.net.
  43. Damien Tastevin, « Le Corniaud et le porno en 3D », sur Écran Large, (consulté le ).
  44. Yannick Vely, « Le Corniaud et La Grande Vadrouille bientôt en 3D ? », sur www.parismatch.com, Paris Match, (consulté le ).
  45. Stéphane Hilarion, « En Normandie, des fans de Bourvil rejouent des scènes du Corniaud dans un spectacle itinérant », sur francetvinfo.fr, France Info, .
  46. 1 2 Guezennec et Gargouil 2013, p. 71.
  47. Sur la route de la grande vadrouille : les coulisses du tournage, p. 9 : « Budget doublé, salaires versés en Suisse, promesses de deux autres films dans les cinq ans. Énorme ».
  48. Fiche de On a encore volé le Youcouncoun, sur www.cinenews.be.
  49. « Pas de remake pour "Le Corniaud" ! », sur Allociné, (consulté le ) :
    « Monsieur Gérard Oury tient à faire savoir qu'il n'a jamais donné son accord sur le projet de remake du Corniaud et que celui-ci n'est en aucun cas à l'ordre du jour. »
    .
  50. « 50 ans du Corniaud : l'hommage de Jamel Debbouze », sur Allociné, (consulté le ).
  51. Oury 1988, p. 228.
  52. Oury 1988, p. 236.
  53. (en) « 1965 year », sur moscowfilmfestival.ru, festival international du film de Moscou, (version du 16 janvier 2013 sur Internet Archive).

Voir aussi

Articles connexes

  • Duo comique
  • Plaisir d'amour
  • Youkounkoun, localité guinéenne dont le nom désigne dans le film « le plus gros diamant du monde »

Bibliographie

Document utilisé pour la rédaction de l’article : document utilisé comme source pour la rédaction de cet article.

Sur Le Corniaud :

  • Georges Tabet et André Tabet, Le Corniaud, d'après le film de Gérard Oury, Fleuve noir, , 348 p. (novélisation)
  • Gilles Gressard, Le Corniaud, Dark Star / Studiocanal, , 75 p. (ASIN B003WTWM9S) (livret accompagnant le DVD du film)
  • Le Corniaud : sélection d'articles de presse assemblés par la mère de Gérard Oury, Studiocanal, (supplément du coffret vidéo du 50e anniversaire du film)

Ouvrages de membres de l'équipe :

  • Gérard Oury, Mémoires d'éléphant, Paris, Orban, (réimpr. Presses Pocket, 1989 (ISBN 2266030639) et Plon, 1999 (ISBN 2259191835)), 330 p. (ISBN 2-85565-435-1). Document utilisé pour la rédaction de l’article
  • Jean Pieuchot (préf. Gérard Oury), Régisseur de cinéma, Paris, Dualpha editions, coll. « Patrimoine du spectacle », , 438 p. (ISBN 2-912476-76-3)
  • Gérard Oury, Ma grande vadrouille, Paris, Plon, , 250 p. (ISBN 2-259-19352-8).
  • Danièle Thompson et Jean-Pierre Lavoignat, Gérard Oury : Mon père, l'as des as, La Martinière, coll. « Art et spectacle », , 208 p. (ISBN 978-2-7324-8795-3 et 2-7324-8795-3).

Sur Louis de Funès et Bourvil :

  • Vincent Chapeau (préf. Danièle Thompson), Sur la route de la Grande Vadrouille : Les Coulisses du tournage, Paris, Hors collection, , 105 p. (ISBN 2-258-06383-3).
  • Olivier de Funès et Patrick de Funès, Louis de Funès : Ne parlez pas trop de moi, les enfants !, Paris, Le Cherche midi, coll. « Documents », (1re éd. 2005), 304 p. (ISBN 978-2-7491-2974-7). Document utilisé pour la rédaction de l’article
  • Jean-Jacques Jelot-Blanc, Bourvil, De Funès : leur grande vadrouille, éditions Alphée, coll. « Couples mythiques », , 333 p. (ISBN 978-2-7538-0322-0 et 2-7538-0322-6)
  • Bertrand Dicale, Louis de Funès, grimace et gloire, Paris, Grasset & Fasquelle, , 528 p. (ISBN 978-2-246-63661-8 et 2-246-63661-2, présentation en ligne, lire en ligne). Document utilisé pour la rédaction de l’article
  • Bertrand Dicale, Louis de Funès, de A à Z, Paris, Tana (Editis), , 456 p. (ISBN 978-2-84567-785-2 et 2-84567-785-5). Document utilisé pour la rédaction de l’article
  • Stéphane Guezennec et Gérard Gargouil, Le dico fou de Louis de Funès, Paris, Hugo BD, , 96 p. (ISBN 978-2-7556-1121-2 et 2-7556-1121-9). Document utilisé pour la rédaction de l’article
  • Jean-Marc Loubier, Louis de Funès. Petites et grandes vadrouilles, Paris, Robert Laffont, , 564 p. (ISBN 978-2-221-11576-3 et 2-221-11576-7, lire en ligne) Document utilisé pour la rédaction de l’article
  • Philippe Chanoinat et Charles Da Costa, De Funès et Bourvil : Deux corniauds en vadrouille, Éditions Jungle, , 48 p. (ISBN 978-2-8222-0757-7 et 2-8222-0757-7, lire en ligne)

Documentaires

  • 2007 : Louis de Funès intime, film documentaire réalisé par Serge Korber, diffusé sur M6, 105 minutes
Narration : Daniel Russo. Intervenants : Patrick de Funès, Jeanne de Funès, Daniel Gélin (images d'archives), Pierre Mondy, Benoît Duteurtre, Olivier de Funès, Colette Brosset (images d'archives et interview récent), Edouard de Funès (neveu de Louis), Daniel Russo, Laurent Gerra, Dominique de Funès (épouse d'Olivier), Julia de Funès-Coudry (fille d'Olivier), Mohamed Ben Moussa (cuisinier au Château de Clermont)
  • 2013 : Louis de Funès, l'Irrésistible, film documentaire réalisé par Stéphane Bonnotte, diffusé sur le bouquet de chaînes cinéma Ciné+.
  • 2014 : De Funès : 100 ans de rire, film documentaire réalisé par Matthieu Allard, diffusé sur D8
Intervenants : Guillaume Gallienne, Jamel Debbouze, Bertrand Dicale (biographe), Claude Zidi, Danièle Thompson, Michel Galabru, Serge Korber, Olivier de Funès, Marcel Rufo.
  • 2015 : Le tournage du Corniaud… Tout sauf un long fleuve tranquille !, film documentaire réalisé par Dominique Maillet, Studiocanal, 82 minutes, supplément du coffret vidéo du 50e anniversaire

Liens externes