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Einsteinium
Image illustrative de l’article Einsteinium
Tube de quartz (diamètre : 9 mm) contenant environ 300 µg d'einsteinium 253. La lumière produite est le résultat de intense émission de particules alpha issues de sa désintégration.
Position dans le tableau périodique
Symbole Es
Nom Einsteinium
Numéro atomique 99
Groupe
Période 7e période
Bloc Bloc f
Famille d'éléments Actinide
Configuration électronique [Rn] 5f11 7s2
Électrons par niveau d’énergie 2, 8, 18, 32, 29, 8, 2
Propriétés atomiques de l'élément
Masse atomique 252 u
Électronégativité (Pauling) 1,3
Énergies d’ionisation[1]
1re : 6,42 eV 2e : 12,0 eV
Isotopes les plus stables
Iso AN Période MD Ed PD
MeV
251Es{syn.}33 hCE
α
248Cm
247Bk
252Es{syn.}471,7 jα
CE
β
248Bk
252Cf
252Fm
253Es{syn.}20,47 jα
FS
249Bk
PF
254Es{syn.}275,7 jα
CE
β
FS
250Bk
254Cf
254Fm
PF
255Es{syn.}39,8 jβ
α
FS
255Fm
251Bk
PF
256Es{syn.}25,4 hβ-256Fm
257Es{syn.}7,7 jβ
α
257Fm
253Bk
Propriétés physiques du corps simple
État ordinaire Solide
Masse volumique 8,840 g·cm-3
Système cristallin cubique à faces centrées[2] ou Hexagonal[3]
Couleur Blanche argentée
Point de fusion 859,85 °C
Divers
No CAS 7429-92-7[4]
Précautions
Élément radioactif
Radioélément à activité notable

Unités du SI & CNTP, sauf indication contraire.

L'einsteinium (symbole Es) est l'élément chimique de numéro atomique 99, ainsi nommé en l'honneur d'Albert Einstein[5]. C'est un élément transuranien de la famille des actinides, radioactif et synthétique.

Environ 300 µg d'einsteinium 253.

Propriétés

Dans les conditions normales de température et de pression, le corps simple est un métal blanc argenté, de structure cristalline cubique à faces centrées. Sa température de fusion est de 860 °C[6]. Il forme différents composés avec l'oxygène et les halogènes : Es2O3, EsF3, EsF4, EsCl3, EsBr3, EsI3 et EsOCl.

L'einsteinium a été découvert en 1952 par Albert Ghiorso sous la forme de son isotope 253, récupéré dans les débris résultant d'une explosion thermonucléaire. Il est produit en bombardant des actinides plus légers avec des neutrons. Plus particulièrement, on obtient de faibles quantités d'einsteinium 253 en bombardant des atomes de plutonium 239 avec des neutrons thermiques :

239
94
Pu
+ 14 1
0
n
253
99
Es
+ 5 β.

Comme pour tous les éléments synthétiques, les isotopes de l’einsteinium sont tous extrêmement radioactifs et doivent être considérés comme hautement dangereux pour la santé par ingestion. Le moins instable est 252Es avec une demi-vie d'environ 471,7 jours.

Selon une étude parue en 2021 dans la revue Nature[7], une équipe du laboratoire national Lawrence-Berkeley réussit à créer environ 200 ng de l'isotope 254Es et étudier sa longueur de liaison ainsi que les comportements spécifiques d’émission, non observés jusqu’alors avec d’autres actinides de numéro atomique inférieur[8].

Historique

L'einsteinium a été découvert en 1952 en même temps que le fermium lors de l'explosion thermonucléaire Mike. Les travaux autour de l'einsteinium n'ont été déclassifiés et publiés dans la littérature scientifique qu'en 1955[9].

Le symbole de l'einsteinium n'a pas toujours été Es, il a d'abord été E[10].

Composés

Triiodure d'einsteinium rougeoyant dans le noir.

On connaît différents composés de l'einsteinium avec l'oxygène et les halogènes (Es2O3, EsF3, EsF4, EsCl3, EsBr3, EsI3 et EsOCl), ainsi qu'un complexe organique[11],[12].

Isotopes

Dix-neuf isotopes sont connus, de masse atomique 240 à 258, plus trois isomères. Le moins instable est 252Es avec une demi-vie d'environ 471,7 jours.

Dans la fiction

L'einsteinium est utilisé dans le jeu Singularity sous l'ancienne dénomination E. Il aurait été découvert par les soviétiques en 1952 sur l'île fictive Katorga 12.

L'einsteinium est un des minéraux du jeu vidéo Motherload. Il se présente sous la forme de polygones gris-bleu. Assez curieusement, il n'a pas l'air radioactif, puisqu'il est même utilisé comme coque de bonne qualité. Il se vend plutôt cher, à mi-chemin entre le prix du platine et de l'émeraude.

Notes et références

  1. (en) David R. Lide, CRC Handbook of Chemistry and Physics, CRC, , 89e éd., p. 10-203
  2. (en) R. G. Haire et R. D. Baybarz, « Studies of einsteinium metal », Journal de Physique Colloques, vol. 40, no C4, , p. 101-102 (DOI 10.1051/jphyscol:1979431, lire en ligne)
  3. (en) R. G. Haire, « Preparation, properties, and some recent studies of the actinide metals », Journal of the Less Common Metals, vol. 121, , p. 379-398 (DOI 10.1016/0022-5088(86)90554-0, lire en ligne)
  4. Base de données Chemical Abstracts interrogée via SciFinder Web le 15 décembre 2009 (résultats de la recherche)
  5. Description de l'einsteinium sur webelements.com, consulté le 04/02/2015
  6. (en) « Einsteinium - EniG. Tableau périodique des éléments » (consulté le )
  7. (en) Korey P. Carter et al., « Structural and spectroscopic characterization of an einsteinium complex », sur Nature, (consulté le )
  8. Fleur Brosseau, « Des scientifiques effectuent les toutes premières mesures sur l’einsteinium ! », sur Trust My Science, (consulté le )
  9. (de) Siegfried Flügge, Handbuch der Physik, vol. 42, p. 283.
  10. (en) Modern Alchemy: Selected Papers of Glenn T. Seaborg, vol. 2, Hackensack, New Jersey, World Scientific Publishing Company, , p. 6.
  11. (en) Johanna L. Miller, « Einsteinium chemistry captured », Physics Today, vol. 74, no 4, , p. 14 (DOI 10.1063/PT.3.4717).
  12. .(en) Korey P. Carter, Katherine M. Shield, Kurt F. Smith, Zachary R. Jones, Jennifer N. Wacker et al., « Structural and spectroscopic characterization of an einsteinium complex », Nature, vol. 590, , p. 85-88 (DOI 10.1038/s41586-020-03179-3)

Voir aussi

Liens externes